dimanche 19 mars 2006

Stan 1/5


Voici un premier épisode coupé de tout le reste de tout ce qui peut se passer autour :

Si j'avais un ami imaginaire je l'appellerais Stan, il serait brun, ou châtain parfois, pour faire comme moi.

Il aurait les cheveux coupés n'importe comment et il s'en ficherait, il passerait sa main dans les miens et je lui dirai que c'est le vent qui me fait trembler.

Stan, il serait ma réalité, on irait s'assoir sur le goudron en face de la plage pour bien comprendre les galets.

Le vent dans nos oreilles ferait de la musique et on en parlerai.

Stan aurait un sourire qui déformerait son visage, un sourire qu'on voudrait capter en photo, mais en photo, il est toujours beau.

Stan il parlerait avec moi dans les églises comme là

On rentrerait à pied en les regardant, grelottant un peu du Havre.

Il me dirait : "On croise jamais tous ces gens que tu connais."

et je lui répondrai que de toute façon ils le verraient pas.

Son mot préféré serait Daylight et il le murmurerait à mon oreille avant d'éclater de rire pour rien.

Stan ça serait le genre qu'on présente à personne et qu'on garde jalousement pour soi, de peur qu'il n'existe plus.

Comme une bulle qu'on aurait soufflée et que les autres ne pourraient s'empêcher d'éclater.

Merde Stan, t'es où ?

                                        * * * * * * * *

There's a lot to learn for wastin' time, there's a heart that burns, there's an opened mind...

19.3.06 17:09

mardi 14 mars 2006

Première journée de front


Il fait beau comme du printemps, hier première assemblée générale sur la question du CPE et de notre réaction estudiantine à celui-ci.

 Débat d'idée, ouais. Grand déballage. Mais le mal est là. Et les beaux arguments du chef de fil des anti-cpe/cne ne font que nourrir mon dégout du 49.A.

Echouage dans un troquet ensuite pour préparé l'AG bière du soir. (ouais, on savait bien qu'on aurait besoin de force)... une "fête" sur laquelle je reviendrai quand photos disponibles... et je vous promets moults rebondissements.

Ce matin 8 heure, après trois maigres heures de sommeil direction l'iut nouvelle assemblée et le dernier bastion des trois pôles de l'université havraise tombe, iut bloqué.

Ce soir et toute la semaine ce sera duvet et peur du CRS, mais aussi une expérience bizarre genre iut académie... enfermés pendant une semaine dans un iut de province vont-ils survivre ?

Les voitures de police bourgeonnent. Ma tête foisonne. Le chef de file est bien beau. Mais jamais plus que celui que j'ai essayé bien malhabilement de rendre jaloux. Quoi que j'en dise.

J'essaierai de faire un rapport de tous les événements en attendant dans vos universités qu'en est il ?

Je ne veux pas de débat d'idée, j'ose espérer que tous les lecteurs de ce blog partagent au moins le dégout d'un gouvernement qui tient aux couilles son parlement en le forçant à accepter des lois ignominieuses.

Je suis là pour ça, en gros.

Mais aussi pour compléter ma panoplie d'étudiante, j'ai vécu tant de choses depuis le début de l'année, depuis la nuit dernière je suis déjà couverte de bleus, de griffures et même de morsures (mais je l'ai cherché...) alors c'est pas un ou deux CRS qui me feront pâlir.

Heights en direct de le Havre sur mer, à vous.

mardi 21 février 2006

Eddy


Dans la série "Heights se projette".

Non, je n'ai pas décidé cette fois ci de me catapulter contre un mur.

Mais c'est une idée.

Comme en ce moment ma mentalité y est propice, me voici en girly girl :

Heights marche dans les couloirs de son lycée, enfin, de sa high school.

Heights est en dernière année, Heights a des tongs roses.

Le soleil de Californie l'a rendue plus blonde que jamais, elle écoute Nada surf mais ne comprend pas toutes les paroles, elle a la tête ailleurs.

Heights marche toujours, ses cahiers customisés serrés dans ses bras, son regard bleu outremer se balade de casier en casier...

"Bitchy"

Ce n'est pas qu'elle se reconnait spécialement dans cette appellation insultante mais elle se retourne, met quelques temps avant de voir qui vient de lui faire cet affront.

Eddy. Un petit camé aux cheveux qui n'ont pas vu une brosse depuis leur arrivée au monde.

"A part si les profs se font investir par des extraterrestres mutants, t'as aucune chance de m'adresser à nouveau la parole."

Avant de détourner son regard dégoûté elle remarque le t-shirt du loser ; un mec qui hurle, une basse dans les mains, en dessous est écrit "sex pistols"... le  type remet ses écouteurs d'où le son du dernier placebo se débattait pour se faire entendre par toute la ville.

Parfois Heights se demande pourquoi elle est célibataire, ce n'est pas les types qui manquent, ce n'est pas les types qui veulent d'elle qui manquent, ce n'est pas les types qui se damneraient pour elle qui manquent...

Et elle écrit ça dans la marge de ses cahiers customisés, en cours de français, alors qu'ils étudient Phédre... un truc qu'elle ne lira probablement jamais.

Pas le temps.

Se lever tous les matins à 6 heure pour se coiffer, se faire une tête qu'elle peut lever haut dans les couloirs.

Pour mettre ce masque grâce auquel on la laisse tranquille.

Grâce auquel jamais elle ne mangera seule.

Grâce auquel ce soir elle sort en boite avec Shane, le Quaterback.

Ca pourrait s'arrêter là, mais Heights rentrera après cette soirée, chez ses parents aimants mais divorcés.

Fille unique, elle s'allongera dans sa grande chambre et mettra un épisode de Buffy, un triste, celui où elle doit tuer son unique amour. Non, un plus triste encore.

Puis elle sortira son Diary et elle le couvrira du seul mot qu'elle arrive à écrire depuis la rentrée...

Eddy

lundi 6 février 2006

Without you


Je serai quoi, moi, si à 5 ans on m'avait pas emmenée à l'exposition Modigliani du musée des beaux arts de Rouen.

Je serai quoi, moi, si on m'avait jamais fait faire un exposé sur Antinoüs et Hadrien.

Je serai quoi, moi, si j'avais jamais allumé ma télé, cet hiver de 2001, pour tomber sur une nouvelle tête, et un nouveau nom, Raphael.

Je serai quoi, moi, si Alexandre le Grand n'avait jamais tué autant de gens.

Je serai quoi, moi, si mon grand-père ne m'avait jamais raconté l'histoire du Titanic, à l'âge de trois ans.

Je serai quoi, moi, si ce jour là le "portrait de Dorian Gray" avait été quelques euros de plus.

Je serai quoi, moi, si Jim Morrison n'était pas mort.

Je serai quoi, moi, si Moka n'avait pas en préface de "la marque du diable" écrit : "je suis une part des forces qui toujours veulent le mal et sans cesse créent le bien.".

Je serai quoi, moi, si Aaliyah n'était jamais entrée dans la légende.

Je serai quoi, moi, si je n'avais jamais croisé ce regard :



"le bonheur est un ange au visage grave"