lundi 13 septembre 2021

The ruins of the day painted with a scar

 



Dans la vie, il y a peu de choses dont je suis aussi certaine que : je ne crois pas en quelque dieu que ce soit / je ne veux pas d'enfants / Descartes est un incapable et la seule vérité indubitable c'est qu'on va tous crever.

J'ai quelques lignes directrices : si ça va pas, écoute de la musique / la vie est trop courte pour s'interdire de manger des trucs bons / les animaux ont tout compris et personne ne les écoute / mieux vaut avoir des remords que des regrets / ACAB / Yes all men / dors et mange avant de prendre une décision.


Ca aide un peu à naviguer l'absurdité ambiante qui compose nos existences. Nous, c'est ma génération. Celle qui n'est ni boomeuse, ni digital native. L'entre-deux qui sait pas où s'assoir. Qui a longtemps été "ni de droite, ni de gauche" avant de tomber dans ce qui est extrême pour les autres.

La génération qui a regardé deux tours new yorkaises se fracasser à l'heure du goûter, à la place des minikeums. 
La génération qui s'est fait tirer dessus, un doux soir de novembre, juste parce qu'elle profitait de la vie.
La génération qui en fait trop selon les vieux et pas assez selon les Greta en herbe.
La génération qui perd chaque année un peu plus de repères en l'acceptant, en tentant de s'adapter, éternellement maladroite.
La génération qui, quand elle s'est pris une épidémie mondiale sur la gueule, s'en est pas tout à fait remise.

Autour de moi, le vide du sens est général. Les gens qui le peuvent changent de région, de famille, de job, de pays, de drogue de choix. 

Nous n'avons même plus la nuit pour évacuer tous les maux et nous retrouver. Bien souvent, pour les femmes, on en sortait pas entières non plus, mais on aurait sans doute préféré un entre deux. 

A quoi bon les manifs ? A quoi bon le militantisme ? A quoi bon trier ses déchets, fermer le robinet, baisser le radiateur ? A quoi bon vivre vieilles et vieux ? 

A quoi bon écrire au ministère des affaires étrangères une vingtaine de mails en deux jours recensant les noms des proches d'une poignée d'afghans qui allaient sûrement mourir si on ne les rapatriait pas ? 

A quoi bon commencer à être suivie par un job coach quand j'ai qu'une envie : dormir toute la vie ?

A quoi bon me soigner, à coup de 300e par mois non remboursés, si c'est pour vivre d'autres tragédies en live ?

A quoi bon voter si c'est pour toujours faire barrage ? 

A quoi bon aimer puisque rien ne dure ? 

Je flotte dans cet état et, pour la première fois, tout mon entourage m'a rejoint. Le but, c'était un peu l'inverse, je vous le cache pas.

On est tous perdu.e.s, sur une planète qui brûle, à éviter les actualités les jours où on a pas assez le moral, à faire ce qu'on peut, à se recroqueviller sur nous mêmes et nos petits plaisirs pour ne pas trop penser à demain.

Mes propres psys sont en burnout.
Je n'ai plus vraiment d'idoles.
Je passe mes rêves à crier sur celleux qui m'ont fait du mal, à défaut de le faire en vrai.

Quand je le peux, j'écris des lettres de remerciement qui me demandent beaucoup, émotionnellement. Des lettres aux quelques personnes dont le cœur pur m'est venu en aide et a évité que ce soit encore pire.

Je n'arrive ni à lire, ni à écrire, trop peu à découvrir de nouvelleaux artistes. 
J'aurais envie de changer de pays toutes les semaines, de me noyer dans le dédale de rues méconnues, de croiser des nouveaux visages, sans attaches, de tuer cette routine qui me maintient à flots. 

A la place, je mets les derniers clous dans le cercueil des huit dernières années de ma vie sans savoir en quoi je serai réincarnée. Ou si je le serai.

Je mets les voile avec une seule certitude, en fin de compte, c'est que maintenant, si j'ai envie de crier, j'aurai toujours quelqu'un pour m'écouter. 

mercredi 11 août 2021

Don’t romanticize my life



Être utile est un privilège.
Je m'en aperçois un peu tard.
Mais ça explique pourquoi on m'a combattue si fort alors que j'étais si efficace dans mon groupe de militant.e.s.
Ce n'est pas moi qu'on jalousait, ce n'était pas ma personnalité ou mes prises de position qui gênaient, c'est surtout le fait que j'offrais (ainsi que tou.te.s celleux qui faisaient équipe avec moi) un service gratuit, d'une efficacité totale.
En deux, trois heures, vous étiez formé.e.s aux risques juridiques de ce mode de militantisme, à la préparation d'une sortie en action, aux gestes à avoir, au comportement le plus sécuritaire à observer et, cerise sur le gâteau, vous appreniez en faisant

Avec l'équipe de formation, nous avons formé près de 800 colleur.euse.s en cinq mois, entre le premier déconfinement et septembre 2020, où j'ai lâché l'affaire et suis partie de CFP (dont on m'a bannie six mois après mon départ, dans une très belle démarche kafkaïenne).

Après m'être soignée de mon stress post traumatique qui m'a fait insomnier pendant des mois et provoqué crise sur crise, j'ai une vision un peu plus zen de cette période. Un peu plus détachée de cette fin où on m'a accusé de tous les maux pour simplement prendre ma place.

Quelqu'un qui voulait faire ce qu'on faisait dans l'équipe, qui l'a rejointe, et s'est barrée après une semaine après qu'on l'a formée patiemment. Quelqu'un qui nous écrivait toute la journée, notamment des trucs persos, des trucs de tous les jours, qui a claqué la porte en disant qu'on ne l'avait jamais intégrée. Et qui, incapable de gérer son propre échec, a voulu nous faire sauter.

Le truc, c'est qu'ensemble on avait parlé de l'importance de faire tourner les rôles, que les statuts avec un minimum de pouvoir qui sont tout de même nécessaires pour coordonnée une telle pieuvre même si celle-ci est organisée en horizontalité, ne doivent pas rester longtemps entre les mains des mêmes personnes. J'avais critiqué, devant cette personne, le fait que la communication du mouvement était verrouillée par deux-trois potes tou.te.s issu.e.s de la même grande école, bien sûr, blanc.he.s, dois-je le préciser ? C'est donc que j'avais conscience de cela.

Et, pour être honnête, je n'allais pas pouvoir continuer bien longtemps au rythme de 15 à 20h par semaine vouées au mouvement, de la coordination des formations (recrutement des formateurices, organisation des sessions, accueil et inscription des nouvelleaux, suivi des sessions, intégrations des personnes formées à notre mouvement, etc...) 

Notre système était si bien rodé, même dans sa constante évolution, que cette personne n'a pas su par quel bout l'attaquer. Elle nous a donc taxé de racisme, parce qu'il se trouve que cette personne est racisée. 

Je suis la première à dire qu'il faut écouter les minorités et que si elle estime avoir été victime de racisme, alors c'est que ça doit être le cas. Sauf que là, on parle de rapports dématérialisés. Je n'ai jamais rencontré cette personne. Je ne l'ai jamais vue en photo. Nous avions une relation quasi quotidienne, en ligne, et des échanges perso et organisationnels pendant des mois avant qu'un jour elle prenne la parole publiquement et communique sur le fait qu'elle fasse partie d'une minorité (pour dénoncer, d'ailleurs, la communication plus que maladroite de nos cheffes qui n'auraient jamais dû en être).

Entre avant et après cette info, je n'ai jamais changé de comportement envers cette personne. Du coup, étais-je déjà raciste envers elle avant de savoir qu'elle est racisée ? Auquel cas, pourquoi avoir continué à me parler, me solliciter, à se confier à moi et à vouloir collaborer avec moi au plus près ensuite ? 

Dans les accusations que cette personne a répandu envers moi (et, par effet boule de neige, elle s'est mise à accuser fallacieusement toutes les personnes qui avaient fait partie de l'équipe, même celles à qui elle a continué de parler régulièrement par la suite), il y avait beaucoup de contradictions et de faits qui ne collaient pas.

J'ai exposé, froidement, les faits, les dates et les actions qu'on me prêtait qui ne pouvaient pas avoir eu lieu car je ne connaissais pas les gens incriminés à ce moment-là. Pourtant, tout le monde a préféré la croire. Devant les preuves évidentes (avec captures d'écran et témoins neutres à l'appui), la majorité s'est mise du côté de celle qui s'érigeait en victime.

Victime, elle l'est assurément, et je n'entrerai pas dans les détails, mais on a été assez proches pour qu'elle me confie une partie de ce qu'elle a traversé. Pourtant, sans que je sois un de ses bourreaux, c'est moi qui ai pris en leur nom. 

Quelles étaient ses motivations ? Je ne le saurai jamais. Je pense qu'au fond d'elle, elle voulait se rendre utile, elle voulait ma place - ou ce qu'elle croyait être ma place. Imposer sa loi. Que personne ne lui oppose plus jamais de contradiction.

Car c'est cela qui a mis le feu aux poudres. Quand, vers 2h du matin, éreintées nous parlions à trois de tout et surtout de rien et qu'elle a été prise d'une angoisse subite sur le fait que la CNIL pourrait nous tomber dessus.

Je rappelle que nous étions une organisation informelle, sans existence juridique. 

J'ai sans doute mal réagi sur la forme, en laissant filtrer à quel point je trouvais cette idée grotesque, et ça a suffi à la faire partir du groupe, à bloquer deux d'entre nous (pourquoi pas la troisième, qu'elle a accusé plus tard des mêmes maux, on ne le saura jamais) et à répandre les pires rumeurs sur moi en me diabolisant.

Parce que j'avais osé dire que c'était peu probable que la CNIL nous tombe dessus pour un word géré par trois personnes où on répertoriait des pseudos pour avoir une trace de qui avait été formé et qui ne l'avait pas été et pouvoir faire entrer en toute sécurité sur notre serveur les personnes l'ayant été tout en gardant dans le sas d'entrée les personnes ne l'étant pas. 

Cette personne m'a accusé de la harceler parce que je lui ai demandé pourquoi. Elle a menacé, en plein milieu de la nuit, la médiatrice qui nous avait été affectée (à ma demande) pour apaiser le conflit. Les menaces, j'en ai reçues aussi, quand je lui ai demandé si elle me menaçait vraiment, elle m'a débloquée le temps de confirmer. 

Plus je la mettais en face de ses responsabilités abandonnées, de ses contradictions, plus j'avais l'impression de démasquer quelqu'un qui aurait voulu être parfait et qui ne supportait pas qu'on suggère que parfois, tout humain peut se tromper, surtout à 2h du mat alors qu'on parle de tout autre chose.

Quelques semaines plus tard, quelqu'un a lancé une attaque sur notre groupe de formation, en appelant au beau milieu de la nuit (heure à laquelle cette personne se connectait et interagissait souvent, notamment quand elle envoyait des mails de menaces) pour leur dire que leur formation était annulée, en disant appeler de ma part, en utilisant mon prénom.

C'était forcément quelqu'un de l'intérieur. 

Pourtant, je n'osais pas croire que c'était elle. 

Je pense encore à elle. Parce que je suis persuadée qu'elle ne se sent pas mieux de nous avoir fait bannir (alors que j'étais déjà partie depuis 6 mois, c'est dire si son cerveau ne voulait pas lâcher prise sur ma personne). Elle a causé énormément de mal à moi, à au moins quatre personnes du mouvement, dont deux sont devenues des proches depuis. 

Car à l'époque, je n'étais pas plus proche d'elles que de cette personne qui pourtant se croyait toujours l'outsideuse. Cette personne, qui me ressemble beaucoup plus que ce qu'elle aimerait. 

Une personne qui voudrait à tout prix être aimée, populaire, avoir toujours le mot juste, qui réfléchit pendant des heures avant de poster un message pour mesurer chaque syllabe histoire de ne jamais prendre le risque que quelqu'un s'inscrive en faux. Quelqu'un qui ne supporte pas son  humanité ? Quelqu'un qui ferait bien de se faire diagnostiquer, et je dis ça avec toute la bienveillance du monde.

Je l'ai vu, elle et une autre borderline, s'acharner sur moi avec la haine aveugle de celles qui ne sont pas soignées, ou si mal. Pour ça, je ne peux pas leur en vouloir. Trouver en soi l'énergie, la force de se faire aider, puis ensuite dénicher les ressources, monétaires, les bons praticiens... c'est quasiment impossible.

Et c'est là mon vrai privilège. Celui d'avoir échoué plusieurs fois à me faire soigner avant de trouver les bonnes personnes.

C'est ce qui m'a permis de ne pas me tuer en chemin, d'être toujours debout, même si, pour la vie handicapée, et d'être dans une meilleure position que cette personne quasiment un an après les faits.

Cette personne m'a extrait d'une situation qui devenait ingérable, où je me noyais de trop donner, car être utile est un privilège mais aussi une drogue. Pour ça, je pourrais presque la remercier.

Cette personne a fait se resserrer les liens dans un trio qui avait besoin d'aide, chacun à sa façon, à un moment donné. Trio qui existe encore un an après, n'a jamais été aussi proche, et qui, je l'espère va continuer sur sa lancée et pour longtemps. 

Mes propos n'engagent que moi, il s'agit de mon ressenti. Si vous reconnaissez les gens que j'ai évoqués, laissez-les tranquilles. Il y a eu beaucoup de souffrances, de part et d'autre. J'en pose un morceau ici, car cela fait bien longtemps que j'aurais dû le faire. 

Je clos ce chapitre sans rouvrir de plaies. Je guéris plus vite, à présent. 


lundi 19 juillet 2021

Staying in my play pretend


[Where the fun, it got no end]


Je ne sais pas trop ce qui est passé par la tête de mes géniteurs quand ils ont cru que j'allais être douée en gymnastique, en piano ou même en casting pour jouer la fille de parents divorcés dans une pub Nescafés. Mais en tout cas, ils ont essayé, et ont appliqué une, ma foi, fort belle politique de l'autruche quand, manifestement, je n'étais bonne à rien, et surtout pas à cela. 

Ce que j'aimais, c'était écrire des livres mi-drôles mi-horrifiques, recevoir du courrier et y répondre, crapahuter avec des chats, inventer des jeux de rôle à la récré (et les interpréter avec des cobayes qui tournaient beaucoup tant j'étais épuisante), m'imaginer plus tard ou morte ou les deux et collectionner les cailloux ronds et gris dans la gravelle de mon Pépé et de ma Mémé. 

Effectivement, vu comme ça, mon CV n'allait pas être aisé à vendre dans les repas amicaux. La course à l'échalotte de qui a la fille la plus merveilleuse était perdue d'avance. D'autant plus quand je suis passée de "bébé mignon" à "gamine quelconque" sur le plan physique (je ne parle pas de l'adolescence ingrate, cela tombe sous le sens). 

Je lisais beaucoup, car j'y étais obligée, c'était la seule activité acceptée pendant une grande partie de mon temps libre, une activité où on n'échange surtout pas avec ses parents, où on s'isole, loin des yeux, histoire qu'ils oublient leur troisième enfant qu'ils "n'auraient jamais dû faire". 

Chez mes grands-parents, bizarrement, mes activités étaient plus diverses (mais pas moins étranges), j'observais les fourmis, je draguais les chiens des voisins, je m'inventais des missions divines, je respirais les roses et je tournais autour d'un poteau. Meilleurs hobbies ever.

Mes grands-parents, eux, m'adressaient la parole et m'écoutaient. Ils étaient souvent amusés de mes petits commentaires décalés, parfois ils me faisaient les gros yeux mais se mordaient beaucoup la joue pour ne pas sourire et m'encourager à dire trop de choses "qui ne se disent pas" "parce que c'est comme ça" "tu veux une péq' au cul ? Non mais !"

Donc j'allais dire ces choses dans ma tête, à mes amis imaginaires, à mon futur moi qui serait forcément brillante, talentueuse et réussirait tout, serait aimée de tous, enfin reconnue comme l'exceptionnelle unique petite étoile qu'elle était. 

Jmelapétais déjà pas mal, à vrai dire.

Si les autres ne me comprenaient pas, c'est forcément qu'ils étaient cons. Trop gamins. Trop filles. Trop garçons. Trop violents. Trop sportifs.

Moi, j'étais parfaite. 
C'est pour ça que les gens s'obstinaient à me torturer et à me critiquer, y compris ceux qui m'avaient imposé la vie. C'est parce que j'étais trop drôle, trop unique et trop intéressante.
La preuve : j'arrivais à leur raconter les pires mensonges et à les faire marcher. C'est bien que c'est moi, qui menait la danse.

Cette personnalité de diva s'est faite dépecer au collège où la part sombre a pris toute sa place, toute la place et n'est vraiment partie, petit à petit, que quand j'ai frôlé la mort, six ans après. 

Quand j'ai dit au revoir à ma grand-mère, j'ai aussi dit adieu à la dernière personne qui riait à mes blagues, et croyait tout pareil que ce que la petite Johnson pensait d'elle-même. Rien n'était trop beau pour moi, je méritais un amour sans limites. 

Alors parfois, pour une heure ou deux, pour le temps d'une escapade de quelques jours, je secoue bébé Johnson et sa grosse tête, je lui laisse la place et, moi, je la regarde mener tout le monde par le bout du nez. Créer un gentil chaos et se réjouir d'en tirer toutes les ficelles.

Au fond de moi, l'idée ne mourra jamais : I'm Johnsy of Asgard, and I'm burdened with glorious purpose.


dimanche 4 juillet 2021

I promise to never go outside again


Si Rachel Bloom et Bo Burnham avaient fait un bébé issu de leurs dépressions respectives, ce serait moi.


Ce que je préfère dans la vie, c'est la musique et faire rire les gens, je ne suis absolument pas douée dans la première catégorie et pour la seconde, disons que je choisis avec soin mes spectateurs, afin de programmer mes bides.


Johnson a toujours voulu être clown, avant même de rêver d'archéologie, mais bizarrement, elle n'en a jamais parlé. A part à Pépé, parce que lui l'avait vraiment été, Clown.


J'ai toujours détesté les ambiances trop sérieuses. J'ai toujours été celle qui blaguait pendant les enterrements, et il y en a eu beaucoup. Et quand on n'avait pas d'argent, étudiants, eh bien on avait des idées, et SingStar, pour s'égosiller sur This Charming Man, et faire un solo au score quasi parfait sur Life on Mars (eh ouais, ouais, qu'est-ce tu vas faire ?)


Donc oui, donnez moi de la musique, des ami.e.s réceptifs à mon humour mi répétitif, mi absurde, mi noir, mi calembouresque, des chats (y en a trois en ce moment qui squattent mon intérieur, à partir de quel moment il faut mettre un videur devant ma fenêtre et leur interdire l'accès ?) et je suis presque bien.

Pour être heureuse, il faudrait que je retrouve l'écriture, en régulier, et pour ma gueule, pas en vendant ma capacité à parler de tous et de rien tant qu'il s'agit de le faire avec un clavier et pas de vive voix. 

J'entame un virage, un saut dans le vide, je me casse d'une situation que beaucoup envieraient. J'ai attendu d'avoir un minuscule parachute, mais parachute quand même, et surtout, j'ai un système de soutien plus béton que des cheveux d'adolescents des années 2000. 

La chute est impossible quand j'ai trop de choses à faire, trop de gens à voir, et un espace sain où j'ai l'ermite pendant les 3/4 du temps restant.

J'ai toujours envie de brûler des cismecs, surtout ceux qui me préféraient bizarrement quand j'étais pas féministe tout en critiquant le fait que je me permette d'être militante maintenant alors que je me suis déconstruite sur le tard. Déjà, qu'ils l'ouvrent sur le sujet est une preuve qu'ils devraient s'immôler eux mêmes sept fois avant de parler. 

La colère n'est jamais loin, mes ami.e.s écoutent patiemment mes sorties vénère en hochant doctement de la tête, parce qu'ielles savent qu'après la tempête viendra le calme, et celui-ci sera marqué par une blague finale pour signifier que maintenant le second degré est à nouveau autorisé.

Je dois être chiante à vivre, ouais, à fréquenter aussi, mais pourtant, la plupart de mes connaissances de maintenant me subissent depuis avant. 

Hell, je deviens même le mètre-étalon des personnes à pét' au casque auprès de mon cercle à coup de "Si Johnson arrive à se stabliser, les autres n'ont pas d'excuses" (ne faites pas ça chez vous, chacun a sa progression, son chemin, son évolution, je ne suis un modèle pour personne et ne veux l'être).

Par contre, je suis la personne la plus folle (moi j'ai le droit) de mon entourage et bizarrement, celle que mon entourage appelle quand ça va vraiment pas, pour que je mette de l'ordre là-dedans. Ou celle que mes amies autruches fuient quand elles ne veulent pas qu'on creuse là où elles ont enterré leurs jolies têtes.

J'ai une utilité, et elle n'a aucun lien avec mon activité pro. Je l'ai compris tard. Déconstruire mon capitalisme est sûrement la prochaine étape, mais je suis en bonne voie.

Mardi, j'ai rendez-vous pour tout plaquer. Pour recommencer loin d'une situation toxique qui m'a tant apporté et tant coûté. En prenant mon temps, sans compromission. Et sans dire oui à la première boîte venue qui me traitera comme une cheap whore.

Je suis un phoenix, j'ai renaqui de mes cendres déjà, qu'est-ce qu'une fois de plus dans une vie qu'on peut stopper si tout va trop mal, sur une planète déjà condamnée, parmi des Hommes qui se sont déjà collectivement suicidés mais ne veulent pas qu'on leur rappelle ?

Et bon dimanche !