dimanche 18 juin 2006

I don't write better (when I'm stuck in the ground)


Demain j'entame ma dernière semaine.

Puisqu'on est à l'heure du bilan, autant vous dire tout ce que j'ai retenu de cette année en essayant de n'être ni mélancolique, ni aigrie.

-même le cas le plus désespéré de misanthrope agoraphobe peut-être guérie, trouvant son placebo dans un groupe tout aussi déglingué qu'elle.

-cette misanthrope sera nécessairement et toujours décalée de tout le monde et de toute situation.

-L'addiction aux fêtes et à l'alcool c'est pas si mâl que ça.

-Les mouvement sociaux, c'est très social

-Les bô garçons éclosent avec l'acquisition du statut étudiant

-La confiance est un plat qui ne se mange pas

-Tomber amoureuse c'est dlamerde

-Les feux de l'amour c'est très réaliste, finalement

-Les animaux sont la panacée de tout probleme (non, pas "cuit avec de la moutarde".)

-La musique aide pas mal aussi, mais peut plonger la tête sous l'eau

-un garçon jouant de la musique (torse nu) est nécessairement pinoculmettable à 25% au dessus de ses congénéres

-Les soirées sur les plages sont agréables mais marquent des événements pas jojo à chaque fois

-les week end merveilleux au bord de l'eau avec une "famille" de pote peuvent souvent renfermer des immondices

-aider son prochain jusqu'à se lacérer le cœur est une chose que je serai prête à refaire

-poser sur les photos rend parfois d'énormes services

-une année comme celle-ci aurait pu être bien moins mirifique sans le feu d'artifice culturel qui l'a accompagné

-les pertes matérielles bousillent un confort, une vie, du temps, mais ce n'est rien à côté d'une autre vie qui s'étiole. Surtout quand on y tien à la vie de l'autre (p'tit con !!)

-le palmarès des gens que j'aime n'a pas bougé, puisque personne n'est mort... on y compte : ma grand-mere, mon cousin & David, meilleur ami gay

-il n'est pas si facile d'être admis là où j'ai été admise... finalement...

-il ne faut pas écouter les autres, ou seulement d'une oreille

-il ne faut pas se faire écouter des autres, ceux qui s'intéressent à soi sont soit des paparazzi soit des faux-jetons attendant de l'attention

-je suis une fille coincée et névrosée. Mais j'assume.

-Deux yeux bleus me suivront à présent toute ma vie, comme les deux yeux verts, si tu as des yeux marrons, rouges ou violets ne t'approche pas de moi.

-On meurt tous un jour, et si par moment on ne souhaite que le coup de grâce quand on y passe à deux doigts ça...

-Le football me met toujours d'accord avec me, myself and I

-Les garçons c'est mal, et l'amitié ne peut exister avec eux que s'ils sont gays et désintéressés.

-Je ne supporte pas me sentir indésirable et indésirée

-j'aime rendre jaloux les gens envers qui j'ai ce pouvoir

-le havre, c'est vraiment pas mal

-le lucky, c'est un peu une deuxième maison au houblon

-les jardins de l'hôtel de ville sont le lieu incontournable de toute soirée

-les amis sont souvent ceux qui se taisent mais qui n'en pensent pas moins

-la vie c'est apogée et décadence et on y peut rien

-pleurer en public vous fait perdre tout éclat dans le cœur des gens qui vous entourent.

-dire "non" est souvent plus difficile que dire "oui"

-je crame les planches dans ma vie

-je suis la reine de l'impro (et j'aurai mon second semestre sans en avoir branlé une)(ouh c'est mal)

-je n'ai toujours pas fumé une seule cigarette même si j'en ai tenu plusieurs en main

-on est seul quoi qu'on fasse, où qu'on aille, et jamais vraiment à sa place. Mais ça n'empêche pas d'être heureux, parfois.

-Rien ne fut plus grisant que se sentir "grande", de devenir la pote d'un type trop beau pour exister destiné à s'en aller puisque faisant partie de la légende des "deuxièmes années"

-je suis une deuxième année. Mârde. Va falloir que j'entretienne le mythe.

JE SUIS UNE LéGENDE O_o

mercredi 7 juin 2006

And the heart beats in its cage...



[L'heure de la sortie a sonné, encore une pensée pour c'qui aurait pu se passer...
La couleur des blés / Blankass]


C'est tellement plus fun de demander la vérité à quelqu'un qui ne la détient pas... pour lui prouver que nous on en a un peu, quand même.

Alors il veut la savoir... et comme ni l'un ni l'autre n'a toute l'information ils la comblent.

Ou : La naissance d'une rumeur.

Sauf qu'avec ma classe de barge, ça part vite en vrille.

J'adore ma classe, les personnalités y sont tellement diverses, variées, et extrêmes...

Ca va de la grenouille de bénitier qui demanda un jour : "mais dans vos fêtes, il y a des orgies ?" à une fille très libre qui se plaint que dans ces fêtes justement, on fait semblant et il se passe jamais rien.

Et moi je regarde tout ça en me disant que c'est tout moi, de jouer la lesbienne nympho salope aux moeurs discutables et d'être une véritable vierge effarouchée.

Je les regarde pronostiquer d'un côté sur qui couchera avec qui, de l'autre, on feuillette déjà les catalogues de mariage.

Et les gosses. Le point qui met tout le monde d'accord. Sauf moi, encore.

Bien que mon humour Gossicide en fasse rire certain(e)s...

De plus, quand t'es en étude de com, les informations circulent vites... j'aimerai beaucoup voir 'l'interprétation personnelle de la réalité' de certains à mon sujet...

Hier j'ai dit qui j'étais vraiment à une personne, ça a surpris.

Une playeuse.

Qui joue avec la vie comme un ballon de baudruche gonflé à bloc, sachant très bien qu'il va lui éclater à la gueule. Mais qui pleure quand même.

Une fille arrivant à gagner la confiance de ses pires ennemis au profit d'une cause juste...

Une fille arrivant à évacuer l'idée d'avoir un jour l'homme qu'elle aime au profit de quelqu'un d'autre

Une fille tellement prétentieuse que les gens pensent que ça repose sur quelque chose.

Une fille exposant son égocentrisme que les naïfs perçoivent qu'il y a quelque chose d'intéressant à leur portée en moi.

Une fille draguant comme elle respire, homme, femme, animaux, voir même minéraux... et qui reste tétanisée rien qu'à penser à la moindre intimité, ou ne serait-ce qu'un faisage de confiance sentimental.

Une fille qui parle de "mecs, mecs, mecs" à tout bout de champ, et qui en a laissé approcher un ou deux.

Alors leurs histoires d' "essayer une fois avec une fille", d'"avoir le sentiment de créer la vie", d' "échangisme", de "couple libre",

c'est tellement loin de moi.

Bien que la théorie je la connaisse par cœur, que je la déclame à qui ne veut pas l'entendre, la pratique me semble monumentale.

Mais encore une fois, on l'a mieux exprimé que moi :

"Oui, mais pour ça, il faut avoir enterré le prince charmant."

lundi 5 juin 2006

B*tch


J'ai une p'tain d'envie d'être une de ces filles qui n'ont "rien à dire de plus beau que le silence" comme dirait le Grand Matt Pokora, celle qui se trimbale avec des artistes de salle d'art plastique, des bellâtre avec une frange et un baggy déchiré.

J'ai jamais eu le petit ami du lycée, aussi con que moi, avec qui je pouvais partager ma connerie et mes envie de refaire le monde-tout-pourri-t'façon, le type qui s'rait venu me chercher à la sortie des cours, qui m'aurait gardé une place dans le bus et cueillit une pâquerette de la pelouse du lycée pour la saint-Valentin.

Le type qui jure que par Kerouac alors qu'il en a pas lu une ligne, le type un peu jaloux mais qui rend surtout jalouse les copines, le type mignon, mais pas trop. Le type jamais coiffé qui aurait servi d'appui dos quand on s'asseyait sur le terrain de sport. Le type qui m'aurait tenu la main avant chaque conseil de classe, qui aurait pris l'habitude de m'apporter des cappuccino à 40 C en en renversant toujours un peu à côté, le portefeuille eastpack entre les dents.

Le bas du jean toujours élimé et des baskets à la dernière mode toujours un peu crades parce qu'il traine les pieds.

Un sourire que d'un côté et un rire muet, des yeux qu'on ne discerne plus quand il est heureux et des mains peinturlurées de petits mots, de dessins géométriques et de verni noir écaillé.

Un type... de ce type

vendredi 26 mai 2006

Il faut imaginer Sisyphe heureux.


Cendrier orbique, tu poses ta cendre, tu refermes le couvercle.

Concentre toi. Concentre toi. Contre toi.

Cendrier. Cendrier. Clac-Clac-Clac-Clac. Tu refermes le couvercle, tu l'ouvres, tu fermes le couvercle, tu l'ouvres... Il râcle et Clac-Clac-Clac-Clac.

Tourne pas la tête. Reste concentrée. Contrée.

Tourne pas la tête. Sinon tu sauras. Tu verras. Voir c'est savoir. En somme.

Savoir que si je tourne la tête je sais c'est savoir, aussi.

Cendrier... cendrier... pas penser.

Oh non. Ca y est. Ca a craqué. Là, dans moi.

Merde merde... ça va se répandre par tout. Ma colére, ma peine, tout le reste.

Vite. Agir.

Abandonner les cendrier des yeux. Oui. Mais pas tourner la tête. Sinon... sinon... ôh et puis ne plus écouter non plus. Qu'ils se taisent. Qu'il se taise.

Se lever vite. Voila c'est fait. Tu leurs tourne le dos. Maintenant saute par dessus l'obstacle et dirige toi d'un pas pressé vers la sortie. Personne te demandera rien.

Enferme toi dans les toilettes. D'ailleurs tu es persuadée toi même d'être sortie pour aller aux toilettes.

Non merde ça se calme pas même à l'extérieur.

Dans ma tête merde ça bouillone merde. Je sais je sais je sais. Je sais rien... encore.

Et il a fallu que je la lève cette tête.

En me voyant je n'ai pas su, j'ai compris.

Mais je ne me suis rien avouée.

Au bout d'un quart d'heure dans ces toilettes, je repense aux autres... soirée... toilettes... ne pas rester. Ne pas gêner.

Je sors dans le noir du couloir. M'assois, paroi.

Tête et mur, interrupteur à pression au dessus. Aie. Aie. Aie.

Je savais qu'elle était là, tapie. Putain d'immense douleur qui se réveille.

Lâche. Lâche. Lâche douleur.

Tête et genoux et porte qui s'ouvre.

Gentille Cé. "Tu as l'Herbe Rouge ?"

"Quoi ?"

"C'était quoi le pseudonyme de Vian dans j'voudrais pas crever ?"

"Je l'ai pas là"

"Ah merde."

Temps de réaction de 5 phrases pour Cé.

"Qu'est-ce que tu as ?"

Tête, secouée. Elle l'a allumé. L'interrupteur dans le mur et moi j'voudrais pareil.

Du blablabla

"Tu crois que je sais pas pourquoi tu souffres ?"

Bouche muette et ronde.

Merde elle va me voir.

Et c'est trop tard.

La transformation, les spasmes. La rage. Les larmes, le nez déchiré et yeux brûlés, de la bouche sortent phrases et mots. Elle semble comprendre ce qui ne veut rien dire. Elle a des yeux doux. Un peu saoule. Elle tente de sauver ce qui reste.

"Concentre toi sur ce que tu désires le plus maintenant, trouve toi un but, Heights."

...

...

"Que veux tu au fond de toi ? Réponds ! Réponds !"

Mais rien. Mon esprit se confronte au vide et lentement, comme sur l'écran je bascule dans mon gouffre.

Et les spasmes n'y feront rien.

La porte s'ouvre à nouveau et maintenant vient l'assaut final

Cé. me prend dans ses bras et celle-sortie-de-l'appartement se jette sur nous. Presque férocement.

"Mais moi aussi je souffre, je voulais pas te faire de mal, je vous aime bien, vraiment. Mais je suis bête, je suis si bête."

Mon ventre gronde, mes yeux sèchent et fixent le mur.

Non la haine, planque toi, c'est pas le moment.

"Je pensais que c'était fini !"

"C'est pas parce que c'est fini que ça s'arrête."

Depuis brouillard dans une tête qui a roulé... au pied de 7 mois de souffrance-amour-désespoir-rires-jalousie-regards-discours à double sens qui au final ne voulaient rien dire...

Et de tout le week-end, traînée d'horreur en horreur, qu'est-ce que j'en apprends. L'amour c'est tellement immonde. Ca moisi, ça laisse une tâche, et même 20 ans après elle apparaitra toujours même si on la gratte, même si on l'arrache, même si on utilise tous les stratagèmes possible.

Je ne voulais plus souffrir. Ils le savaient.

"

Ce n'est pas de leur faute

Ils sont à plaindre

C'est mieux comme ça

Tu exagères

Ils sont bien ensembles

Elle s'en veut tu sais

On t'aime tu sais

...

"

Les mots tuent et raniment. Ils m'ont une fois de plus ramenée à la vie. Pour la premiére fois j'ai vu des amis se presser. Après une nuit d'agonie, une autre d'insomnie. Mon martyre est enfin fini.

Ce matin tes mots m'ont décroché un sourire. Comme le phoenix je meurs assez réguliérement...

Et même si une fois de plus j'ai sombré, je crois que je survivrai.

Un jour.





(àpart)

"Apprendre à ne jamais rien d'mander, surtout ne pas regarder les gens tomber" Et la bête a un peu plus de sangs sur les doigts...