mardi 8 avril 2014

No words, can save this, you’re broken and I’m pissed



La putain de jalousie.
Elle est là, rampante. Rugissante. Elle parcourt mes veines en sous-cutanée comme un parasite trop rapide pour que je puisse l'extirper.

Elle me fait haïr ce que j'aime. Elle n'a donc aucun sens.
Elle n'a aucun rôle, à part celui de m'obliger à voir la vérité en face.

Elle me perturbe encore plus que mes sentiments. Me donne des envies d'être plus méchante que la situation ne le mérite, quand d'habitude, je suis bien trop permissive. Parce que boom. Boom boom boom. 

La douleur me tue, ou alors on dirait. Elle s'insinue et rend malades mes organes les uns après les autres. 
Je deviens le monstre à la bouche tordue. Tous les aliments sont amers.

Le son. La vision. Tout est en replay.
Dès que j'ouvre les yeux. 
Dès que je ferme les yeux. 
Quand je respire.
Quand je ne respire plus.

 On me presse d'agir. De prendre une décision. D'en parler au moins.


Avec ma bouche ? Vous déconnez. 
Ma bouche sert à boire de l'alcool (ou à chanter faux des chansons de Kasabian, en ce moment). 
Pas à communiquer et à mettre les choses à plat. Pas à sortir d'un statu quo. 

Si je parle, je sais ce que je perds, pas ce que je gagne.

Me taire, c'est laisser au moins l'un de nous deux vivre sa vie en paix. Et c'est déjà pas si mal.
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Sauf que ça ne sera pas moi.


Now this blood and glitter, it tastes so bitter
There’s no retreat for I surrender

lundi 7 avril 2014

From Xanax, with love



L'importance de l'écriture dans ma vie m'étouffe. Si je vais si mal, c'est que je ne peux pas écrire à propos de "ça". 
Cette auto-censure me consume et m'asphyxie. 

Alors, oui, je pourrais coucher sur un document vierge Word tout ce qui me touche actuellement. Tout ce qui fait que je suis une partie de Mikado ambulante. 

Je pourrais l'enregistrer sur le bureau de mon ordinateur, une clef usb et refermer la page, comme si tout cela n'existait pas.

Sauf que je ne peux pas. Non plus.

J'ai réussi à me foutre dans la situation la plus inextricable possible. Comme si je m'étais auto-propulsée au niveau le plus dur du jeu vidéo de ma vie. 

Et le big boss de fin est aussi celui qui me rend le plus calme et le plus heureuse. 

Je sais très bien que je ne vais pas vraiment mieux.
J'ai bien conscience que la chose qui me calme et me rend heureuse est fondamentalement la chose qui me rend triste comme un gros caillou, et désespérée. Et fataliste. 

Et je ne parle pas du Xanax. 

Donc je recommence mes conneries, et je me shoot à ce qui est mauvais pour moi, mon cerveau s'invente des excuses et des histoires et je nage en plein opium. 

Heureusement, cette fois, je n'ai pas affaire à un détraqué - je crois - et j'ose espérer que les conséquences à long terme seront moins létales.

Je pourrais aussi enregistrer cette note dans les brouillons de mon blog et la laisser là. Comme d'autres. Comme nombre d'autres.

D'ailleurs je la tape sans aucune d'idée de ce que je vais en faire puisque je viens d'en poster une autre, anodine, qui ne parle absolument pas de ce dont j'aurais besoin de parler.

J'aurais besoin des bras d'un garçon qui est à l'autre bout du monde, d'un coin d'épaule de cette fille qui est à un autre bout du monde, de l'oreille attentive d'un type avec qui je partage une frontière mais apparemment plus rien d'autre, j'aurais besoin de doses inédites d'yeux bleutés de Chilli Baby, en profusion. Je sais ce dont j'ai besoin, pour aller mieux, mais rien n'est à portée de main. Il faut faire avec ce que je ne sais absolument pas gérer : la frustration.

La frustration quotidienne et omniprésente. La frustration extrême et ultime. 
Une frustration que je me suis offerte sur un plateau d'argent comme Salomé la tête de Saint Jean-Baptiste.

vendredi 4 avril 2014

99 Problems


Je marche avec mes talons de 8 en tâchant d'éviter les nids-de-poule, les voitures, les vélib, les gens de WWF, les garçons qui veulent me poker"HeyMadmouaselle", je jette un coup d'oeil à mon écran avant d'appuyer sur l'icône d'appel rapide intitulé "Maman".

Bip... bip... bip...

"Oui ?"
"Oui, c'est Johns... euh, c'est moi. Je te dérange pas ?" 

Fuuuuuuuuuuck. Je viens quand même pas de me présenter par mon surnom à celle qui a choisi mon véritable prénom so-many-years-ago?

J'échange deux-trois banalités avant de raccrocher, les yeux toujours ronds. Je suis devant chez moi. 
Les noms ont changé sur la boîte aux lettres. 
Je monte jusqu'à mon étage.
Une boule de poil folle furieuse s'échappe de l'appartement quand j'entre. Ca aussi, c'est nouveau. 
Je m'assois sur mon lit et enlève des chaussures neuves avant d'empoigner ma tablette dernier cri.

Je checke si personne n'a tenté de m'appeler pour m'extirper d'une soirée télé annoncée. 
Non. De ce côté là, rien de neuf.

Je passe par la salle de bain. "Miiiia ? Miaaaa ! Miamiamia ! MIIIIIAAAAAAAA." c'est la musique qui accompagne chacun de mes pas. Celle d'un petit chat que j'ai laissé trop tousseul pour aller gagner des sous à mon vieux/nouveau job. 

Dans le miroir, je me reconnais à peine. Je n'ai ni coupé mes cheveux, ni beaucoup maigri. Je suis juste une étrangère aux cheveux bouclés, aux lèvres peintes et au sourire réflexe. 

J'ai mis 26 ans à pouvoir sourire sur commande. Depuis, j'en abuse. 

Je pense à la Johnson de 13 ans, à qui on jetait littéralement des cailloux.
Je pense à la Johnson de 16 ans, avec ses baggy et ses grosses baskets.
Je pense à la Johnson de 20 ans, qui courbait l'échine au moindre geste brusque. 

Johnson-from-now a ses ratés mais dans l'ensemble tout est plus maîtrisé, même ses pensées noires et ses crises d'angoisse. 

Un bruit me fait sursauter et j'écoute le silence le temps que mon coeur se remette en place. Oui, lui aussi est rempli de choses nouvelles, mais j'en éviterai l'inventaire. 

Je fais une embardée pour ne pas marcher sur le chaton qui fuse à 100 km/h, une douleur se réveille. Un souvenir de ma dernière nuit de folie. Une nouvelle chose, ça aussi. Il y a une poignée de mois, j'aurais plaqué mes mains sur mes oreilles, mes yeux et ma bouche en hurlant "gnagnagna j'entends rien" si une amie m'avait raconté avoir vécu une telle expérience de son côté.

Je checke les réseaux sociaux - ça fait deux jours que je n'ai pas allumé mon ordi perso, plus d'un mois que je n'ai rien écrit pour moi -  et je me dis que ça aussi c'est nouveau : elle a perdu son sens de l'humour, lui a pris la grosse tête, elle n'est pas là pour moi, il m'a virée de Facebook, elle est entrain de s'enfoncer dans la situation qu'elle voulait éviter, il cherche mon attention, elle a oublié mon anniversaire, il a sorti un nouveau livre.

Et moi ? Que suis-je devenue ? Qu'ai-je fait ?
Qu'est-ce qui a changé. 
Est-ce que je suis mieux ? Est-ce que je suis... bien ?

Je rabats l'ordinateur portable et je me roule en boule, j'attends la prochaine interaction sociale en relayant ces questions dans un coin.

L'évitement : ça aussi, c'est nouveau.

mardi 1 avril 2014

So tie me to a post and block my ears



Oui. Elle est revenue. La Mèche. Le rouge à lèvres violet aussi, voyez-vous. 
Parce que le rouge, ça va cinq minutes, mais ça n'a attrapé aucun garçon. 

Alors bon. 

On en était où ? 

Ah oui.

Vendredi soir, moi et mon petit coeur tout mou étions prêts à en découdre.
Enfin, si on en croit mon historique d'envoi de SMS. 
Il faut dire que le combo magique : arrivée du printemps / c'estMONanniversaire / amourunilatéral m'a toujours permis d'accomplir à peu près n'importe quoi.

 [Like he said]

Ellipse temporelle.
(Ouais, faut pas déconner, il y a des choses que je garde pour mes amis gays en échange de massages d'une heure trente).

4-5h du matin, dans un appart' sous les toits perdu au milieu d'un arrondissement peu familier, je dévisage le plafond et prononce à haute voix "Faut que j'arrête de faire ça moi.". 

Phrase qui sera accueillie par deux "Bah, pourquoi ?!" indignés (oui, deux). 

Je ne parlais ni de morale, ni de bienséance, mais de mon extraordinaire capacité à me foutre dans des situations toujours plus improbables.

Fort heureusement, sur les coups de 7-8h, j'ai repris mes esprits et je suis allée nourrir le chaton. 
C'est là que j'ai réalisé que j'avais la grippe. Et que dans une poignée d'heures les premiers invités commenceraient à arriver.

Parce que c'était MON anniversaire.

Pendant trois semaines, j'ai hurlé à qui voulait l'entendre que personne ne viendrait et au final tout le monde a capté le message et a ramené ses potes.
On était une vingtaine. Et un gâteau au chocolat.

La nuit blanche de la veille, la fièvre, l'alcool pas encore départi de mon système sanguin ont rendu cette soirée unique. Mon coeur battait beaucoup trop vite et le reste de mon organisme était étrangement beaucoup plus lent. Je me souviens de gestes. D'un geste. D'effleurements. De confidences, beaucoup. Dans une salle de bain. Ailleurs. De moments de silence, aussi.
D'un regard, enfin.

It’s not as bad as they say
If this is such a mistake
Why does it seem to make you so damn happy?
This is no time to behave
Let's both get carried away
If there’s a price to be paid
It won’t stop me


D'un coma. 

Je me souviens m'être dit de profiter d'être sur le fil, mais du bon côté. 

Je sais que je ne fais pas n'importe quoi. Ma théorie c'est que je me traite par électrochocs. A chaque baisse de régime, je me réanime à ma façon.

Hit me! Harder! I’m getting re-wired
I flip the switch that make you feel electric
Even! Faster! Than before
I'm gonna light 'em up with you


J'ai touché le fond il y a deux semaines et je m'en suis remise plus vite que jamais. 
Remise car hier soir, j'étais à nouveau en phase.
A la gauche de Keith Murray. Normal.

If you're the nice guy, ACT LIKE THE NICE GUY.

Puis après c'est lui qui s'est mis à ma gauche quoi.

I'm breaking my own rules / Becoming someone else

Non mais sans déconner.

Love's a classic 'cause it always works

Puis après y a eu le concert hein, aussi.

Time means nothing, / Say that you'll stay

Faudrait voir à pas l'oublier.

I gotta great idea / I'm gonna wait right here / While everything is adding / Up, up, up


Ce pouvoir de bonheur que ce groupe a sur moi est des plus fascinants.

Mon aimant à rockstar est toujours en place - mon âme de rockstar aussi, manifestement.
Ca a été un week-end de couronnement de mon inner-princesse. Je n'ai pas été seule une seconde. 

Je fête mon anniversaire comme Alexandre le Grand. Si je pouvais, ça durerait 1 mois et on me couvrirait de fleurs, et on me déplacerait en chaise à porteurs. C'est mon infâme côté hipster : je prends un pied terrible à faire semblant d'être heureuse d'être née.

Mes proches l'ont tellement intégré qu'ils m'ont demandé de mettre mon masque, peut-être pour cacher, l'espace d'une soirée, celui que je porte déjà tous les jours. 


It's empty in the valley of your heart
The sun, it rises slowly as you walk
Away from all the fears
And all the faults you've left behind

The harvest left no food for you to eat
You cannibal, you meat-eater, you see
But I have seen the same
I know the shame in your defeat

But I will hold on hope
And I won't let you choke
On the noose around your neck

And I'll find strength in pain
And I will change my ways
I'll know my name as it's called again