mardi 21 février 2006

Eddy


Dans la série "Heights se projette".

Non, je n'ai pas décidé cette fois ci de me catapulter contre un mur.

Mais c'est une idée.

Comme en ce moment ma mentalité y est propice, me voici en girly girl :

Heights marche dans les couloirs de son lycée, enfin, de sa high school.

Heights est en dernière année, Heights a des tongs roses.

Le soleil de Californie l'a rendue plus blonde que jamais, elle écoute Nada surf mais ne comprend pas toutes les paroles, elle a la tête ailleurs.

Heights marche toujours, ses cahiers customisés serrés dans ses bras, son regard bleu outremer se balade de casier en casier...

"Bitchy"

Ce n'est pas qu'elle se reconnait spécialement dans cette appellation insultante mais elle se retourne, met quelques temps avant de voir qui vient de lui faire cet affront.

Eddy. Un petit camé aux cheveux qui n'ont pas vu une brosse depuis leur arrivée au monde.

"A part si les profs se font investir par des extraterrestres mutants, t'as aucune chance de m'adresser à nouveau la parole."

Avant de détourner son regard dégoûté elle remarque le t-shirt du loser ; un mec qui hurle, une basse dans les mains, en dessous est écrit "sex pistols"... le  type remet ses écouteurs d'où le son du dernier placebo se débattait pour se faire entendre par toute la ville.

Parfois Heights se demande pourquoi elle est célibataire, ce n'est pas les types qui manquent, ce n'est pas les types qui veulent d'elle qui manquent, ce n'est pas les types qui se damneraient pour elle qui manquent...

Et elle écrit ça dans la marge de ses cahiers customisés, en cours de français, alors qu'ils étudient Phédre... un truc qu'elle ne lira probablement jamais.

Pas le temps.

Se lever tous les matins à 6 heure pour se coiffer, se faire une tête qu'elle peut lever haut dans les couloirs.

Pour mettre ce masque grâce auquel on la laisse tranquille.

Grâce auquel jamais elle ne mangera seule.

Grâce auquel ce soir elle sort en boite avec Shane, le Quaterback.

Ca pourrait s'arrêter là, mais Heights rentrera après cette soirée, chez ses parents aimants mais divorcés.

Fille unique, elle s'allongera dans sa grande chambre et mettra un épisode de Buffy, un triste, celui où elle doit tuer son unique amour. Non, un plus triste encore.

Puis elle sortira son Diary et elle le couvrira du seul mot qu'elle arrive à écrire depuis la rentrée...

Eddy

lundi 6 février 2006

Without you


Je serai quoi, moi, si à 5 ans on m'avait pas emmenée à l'exposition Modigliani du musée des beaux arts de Rouen.

Je serai quoi, moi, si on m'avait jamais fait faire un exposé sur Antinoüs et Hadrien.

Je serai quoi, moi, si j'avais jamais allumé ma télé, cet hiver de 2001, pour tomber sur une nouvelle tête, et un nouveau nom, Raphael.

Je serai quoi, moi, si Alexandre le Grand n'avait jamais tué autant de gens.

Je serai quoi, moi, si mon grand-père ne m'avait jamais raconté l'histoire du Titanic, à l'âge de trois ans.

Je serai quoi, moi, si ce jour là le "portrait de Dorian Gray" avait été quelques euros de plus.

Je serai quoi, moi, si Jim Morrison n'était pas mort.

Je serai quoi, moi, si Moka n'avait pas en préface de "la marque du diable" écrit : "je suis une part des forces qui toujours veulent le mal et sans cesse créent le bien.".

Je serai quoi, moi, si Aaliyah n'était jamais entrée dans la légende.

Je serai quoi, moi, si je n'avais jamais croisé ce regard :



"le bonheur est un ange au visage grave"


   

lundi 23 janvier 2006

Orgueil, préjugés & ta mère


La femme a gagné beaucoup de choses en un siècle... mais tout ce qu'elle a gagné du côté de la vie active elle l'a perdu dans sa vie privée, je m'explique :

Avant on nous proposait un panel de damoiseaux, au pire on nous forçait à en épouser un.

Donc soit on le choisissait un minimum soit pas, mais il suffisait d'être mariée pour faire ce qu'on voulait avec qui on voulait.

Polyandrie party !

Je ne fais pas l'éloge des relations compliquées, mais il arrivait très rarement qu'on trouve des femmes seules.

Bon en même temps elles étaient obligées de faire des gosses.

Mais y'en a qu'aiment ça, il parait.

Maintenant, les filles doivent faire le premier pas, car si c'est l'homme qui est rendu à le faire c'est connoté "lui il est tellement en manque qu'il sauterait sur n'importe qui", d'où la méfiance.

J'ai eu l'occasion de tester, vu le nombre de prétendants que j'ai eu l'année dernière, que les garçons ne nous considéraient plus comme des objets de convoitise mais comme des objets en série.

Genre, toutes les même.

On nous choisit comme sa voiture : en rousse, en blonde, et de toute façon, ça se change, la couleur.

Je me demande ce que ça fera quand un se mettra en tête de me customiser les jantes :s

Bref...

Les peu de fois où ça a été réciproque j'ai du prendre le taureau par les cornes, lui ouvrir les yeux, lui dégager les poils derrière les oreilles, biseauter ses cornes, tailler ses sabots... avant que celui-ci ne se décide à entrer dans la reine. L'arène, pardon.

(oui, j'ai l'humour de Pleymo, mais je me soigne)

Alors, merde, faites le premier pas, c'est pas notre rôle. Nous tous les mois on souffre le martyre, puis pendant neuf et enfin on se fait larguer à 30 ans parce que là vous aurez la maturité nécessaire pour faire le premier pas envers une minette de 18 ans...

On parle de prince charmant, je n'attends rien, mais j'aimerai, juste une fois, ne pas devoir faire toutes les démarches administratives merde.

"C'est pour un petit-ami charmant, anarchique et bigarré ? Formulaire B 12XYK19, mercii."
23.1.06 11:35

jeudi 19 janvier 2006

Sarkozy, stand by me


Depuis quelques temps, dans les couloirs de l'iut on entend des bruits de comptoirs : "blablabla Sarko" "Blablabla le Havre, Sarko mwahahaha"

Au bout de moult secondes d'enquête et d'oreille tendue j'ai compris que notre ministre de l'intérieur préféré nous faisait l'honneur de sa présence, non pas au Havre, non pas chez ma boulangère, nan... dans l'école d'ingénieur en face de notre école à nous.

Watrolaclasse.

J'ai ainsi fait du chantage à plusieurs personnes moyennant une privation d'autographe s'ils n'obéissaient pas à mes charmantes injonctions, mais ça n'a pas marché... la côte d'amour de Nico est en chute libre chez les normands de 17 à 25 ans à tendance cheveux colorés.

Bon, bah Sarko est venu, Sarko a vu, Sarko a vaincu ? J'sais pas.

Moi, tout ce que je sais c'est que l'école d'ingénieur était entourée de barrières de sécurité comme pour un concert de U2, avec une bande de ruban rouge comme sur les scènes de crime et qu'il fallait venir chercher son laisser-passer à 8 heure pour entrer dans le bâtiment que "dieu" allait frôler de ses chaussures à 1000€.

Heureusement que j'ai rien dit à mon père, il aurait campé toute la nuit sur le quai avec son T-shirt "I love Hungary" et sa carte du FN à faire dédicacer.