mardi 11 décembre 2012

It seems to be the way that everyone else get around


Je pense que si j'avais couché avec ce garçon, je serai moi-même devenue un "connard".

Alors me voilà, allongée sur mon lit d'ado, agressée par les souvenirs de la moi de l'époque qui se répétait "nan mais si j'avais une chance d'être avec quelqu'un, je serais pas comme toutes ces filles, j'hésiterai pas, c'est trop important, c'est trop rare.". J'ai envie de lui répondre "hey ho, tu m'as vue le soir du 6 mai ? Tu as vu ce que ça fait une relation quand ça implose ?". Et j'ai envie de lui payer une bière, à la moi de l'époque, mais je sais trop bien ce qu'elle dirait "han mais tu bois, mais tu t'étais toujours promis de jamais boire ? Mais qu'est-ce qu'on est devenues ?".

On a toujours été love's bitch (but at least we're man enough to admit it). Mais là, c'est tout sauf de l'amour.
C'est réfléchir quoi répondre à un type que t'as ramassé dans la rue, dans une ville où tu vas une fois par an grand max, et que tu as embrassé entre deux po(r)tes.

Quoi répondre encore - parce qu'il s'attache le petit pansement. Trouver la diplomatie en moi pour lui expliquer que les relations à longue distance, j'ai tenté, j'y crois moyen. Ne pas céder à la facilité de lui dire "j'ai toujours le coeur complétement en charpie à cause d'un autre" parce que ce serait la porte ouverte aux "je suis pas comme ça" "laisse moi une chance" "'azy demain est un autre jour.". 
Je n'ai pas envie d'argumenter mon cul. Les choses se font naturellement ou ne se font pas. Je ne me bats pas pour les garçons, je ne l'ai jamais fait, et quand un mâle me met en concurrence avec une autre de mes congénères je lui réponds "too bad" avant de tourner les talons. 

Si ce n'est pas de moi qu'on a envie, mais d'une relation, avec n'importe qui, c'est un tue l'amour absolu. Je ne suis absolument pas assez lisse pour convenir à la case bien bordée de "petite amie". Je suis une timebomb émotionnelle difficile à gérer qu'il faut connaître un minimum avant d'adopter.

Je ne peux pas lui dire tout ça. Ce serait trop en dire. Je ne peux pas lui dire que j'ai senti que ça n'allait pas coller, même si oui, je l'ai senti. Je le sens toujours. J'ai un superpouvoir qui fait que je sais à peu près combien de temps je vais rester amie avec quelqu'un, et même si la date précise de ma rupture avec l'ex m'a prise au dépourvu, je savais que ça n'était pas parti pour durer. 

Alors je reste froide, factuelle, calendrière, la main droite sur son agenda d'éditrice, une armure qui me donne le droit "ah non on peut pas se voir, je suis perchée, je suis dans mon but, je suis une cadre qui a beaucoup de boulot, va-t-en garçon.". 

Je ne sais juste pas si demain je rencontre un garçon tout près, tout compatible, tout volontaire et engageant, je ne lui ressortirai pas le même discours. Une petite voix me dit qu'au contraire, je me jetterai dans ses bras avec peut-être un peu trop de gratitude et que je réitérerai les mêmes erreurs. Je crois qu'il n'y a pas de bonne solution. 

Et surtout, je crois que l'amour existe, mais pas pour tout le monde.

vendredi 7 décembre 2012

Don't look back into the sun

Je me lève encore un matin sur trois en souhaitant que mon ex s'en veuille jusqu'à la fin de ses jours, mais, dans l'ensemble, il y a du très mieux concernant tout ce pan de ma vie. 

Ma relation avec lui m'a transformée, en l'espace du très peu de temps qu'elle a duré, en un zombie de l'amour. 
Non pas que j'ai été follement transportée de sentiments envers lui, bizarrement je me suis blindée tant que j'ai pu, et j'ai tenu plus d'1 mois et demi avant de vraiment ressentir quelque chose de crucial. 

Le zombie de l'amour est juste ce que je deviens quand je suis heureuse. 

Et, c'est peut-être loin dans vos têtes, mais le moment où on s'est mis ensemble était le point culminant de mon heureusité. En fait, c'était tout bonnement la première et seule fois où j'ai été heureuse de toute ma vie. 

Je me suis donc transformée en HappyJohnson. 

La Johnson usuelle étant un être qui a pour unique moyen d'expression la critique, le sarcasme et le cynisme, La Johnson habituelle étant entourée d'une aura de pessimisme et de misanthropie,
La Johnson basique étant un être malheureux et qui ne s'en cache pas,

...forcément, quand j'ai été heureuse, ça a été le choc, je ne disais plus rien, je me contentais de fixer les gens avec un sourire bienveillant, certains disent même m'avoir croisée dans les couloirs de la ligne 3 prise d'un fou rire sans fondement, d'aucuns ajouteraient que je parlais aux oiseaux et que je ne bousculais plus les petits enfants.

Quand on me côtoie tous les jours, on s'habitue à me voir débiter les pires états de faits, on prend du recul par rapport à mes phrases intransigeantes et on apprend à aimer le petit coeur tout mou qui se cache derrière la rugosité que je laisse transparaître. J'étais donc une inconnue à morphologie familière. Un état déroutant qui a un peu soulagé mes proches lorsqu'il s'est envolé. Lorsque je suis redevenue HeightsTheAllYearLongGrinch.

Non, tout cet étalage n'est pas gratuit. Il fait partie de ces notes en forme de "mode d'emploi à destination des Heightsiens du 8ème cercle" parce que préparez vous, les gars, si mon nouveau boulot continue sur sa lancée, vous risquez de passer 2013 avec le terrorifiant* ZOMBIE OF LOVE.


*spéciale kassdédi

vendredi 16 novembre 2012

The world is great to suckers.

Ca faisait un certain temps que je n'avais pas eu envie de me faire mourir. 
Et, ça, en soit, c'est une petite victoire.

Ce soir je me suis souvenue que je n'étais rien. Rien qu'un ectoplasme tout juste bon à guider ses congénères, faits, eux, d'âmes et de sang. 

On me l'a rappelé. On m'a remis à ma place de fille qu'on bouscule sans s'excuser, de moins que rien, de risible petite chose ingrate.

C'est parce que je suis cette chose-là que je peux d'autant moins accepter l'amour gratuit et sans limite d'un illustre étranger. Tout aussi illustre et tout aussi étranger qu'il soit. Un garçon qui ne m'a jamais connu ne sait pas qu'il perd son temps. Qu'il ne se serait jamais arrêté sur mon passage s'il m'avait rencontré dans cette "vraie" vie.

Toute ce qui restera de mon existence, maintenant, je me souviendrai que la première fois que j'ai cru être aimée, il s'agissait d'un mirage. Que le seul qui a compté était persuadé d'être avec mon personnage de méchante-vilaine-fille et pas avec moi. Que pour le seul qui ait compté, j'ai été une erreur d'interprétation. Une perte de temps. 

Qu'en fait, dans la vie, je n'ai jamais été aimée. 
Par personne.

Cette vérité est d'autant plus vraisemblante après un week-end, où, quand j'ai été vraiment moi-même au sein de ma famille, j'ai subi un rejet en bloc, massif. Habituel. Historique.

D'autant plus présente que, quand on fait la liste, tous les gens supposés m'aimer se sont exilés et n'existent pas dans ma vie de tous les jours.

Je peux jongler avec des ciseaux loin d'eux. Ils savent. Je suis trop faible pour faire quoi que ce soit. Ils peuvent être des lointains. Des gens opportuns. Que j'accueille forcément à bras ouverts, car ce sont les seuls, après tout, à accepter, à bien vouloir m'aimer un peu. Un jour. Deux. A un moment. Mais pas longtemps.

Je suis la fille qui écrit bien. Mais que ça n'a jamais mené à rien. Je suis la fille qui comprend un peu trop ce qui se passe autour d'elle pour rester insensible.

Je ne suis pas la fille qui s'est entendu dire, dans les bras d'un garçon géant, "je n'aurais pas dû laisser mon tour.". Je suis la fille qui est piétinable. Insultable. Malaxable. 

Je réussis dans la vie. Professionnelle. Alors de quoi me plains-je. L'amour c'est superflu.
Je suis la fille pour laquelle on ne se fait pas de souci.

jeudi 15 novembre 2012

Whatever happened to the great escape ?



"Combien tu en as embrassé depuis ?"

Je vois mon index se lever à la hauteur de mes yeux.

"Et c'était comment ?"

Pas bien. C'était pas bien.

"Pas bien."

On est dans mon antre. Où je me sens plus chez moi que chez moi.
J'ai embrassé des garçons ici. Et c'était bien. 

Elle ne me pose pas plus de questions.

Ce qui est bien, avec mes amis, c'est qu'ils ne posent pas énormément de questions. Je peux cadenasser à peu près ce que je veux. 

C'est comme ça que j'ai façonné la Johnson de Paris, loin de la gamine qui échafaudait des plans de vie alambiqués sous un ciel de Normandie. 

J'ai beaucoup improvisé, mais j'ai rapidement appris un truc : ne jamais mentir. Tourner autour de la vérité. Ne pas tout dire. Mais ne jamais dévier.

C'est comme ça que j'ai oublié New York, en n'en parlant pas. C'est sûrement pour ça que quelques petits mois en ont pourri six, parce que je ne peux m'empêcher d'en parler, et d'en reparler, jusqu'à ce que je comprenne ce qui s'est passé.

Quand on répond vaguement aux questions, on a l'air mystérieux, et les gens aiment bien connaître des gens mystérieux. 

Mais je laisse parler le silence trop souvent et parfois il en dit trop, je ne sais pas comment le remplir et je laisse filer le temps.

Depuis mon retour j'ai entrepris de revoir tous les gens pas vus depuis des années et de laisser un peu les autres tranquilles. Il reste les gens à qui je suis incapable de réécrire, et c'est nouveau, ce mutisme, envers ceux-là. 

Et il y a enfin mon mutisme face à celui qui  n'est pas au courant qu'il y a des mois, j'ai décidé que ce n'était pas sain du tout, pour une fille comme moi, de se laisser compter fleurette par un garçon comme lui. Un prince comme dans les livres, - mais avec princesse intégrée.

Il continue à être un rayon de soleil quotidien, comme depuis plus de deux ans, et ce, malgré mon absence de répondant. Je voue une haine curieuse à ce garçon à qui tout réussit. Et je ne suis plus sûre de savoir si mon détachement est dû à la bancalité de la situation ou à une envie insidieuse qu'il passe à côté de moi, puisque moi, je n'aurai jamais quelqu'un comme lui. J'haine souvent les gens impossibles à aimer.

We have the story of the impossible 
A tale passed on so frail. 
One of make-belief 
Maybe impossible to achieve 
And really close