vendredi 31 décembre 2010

Rain must pour

Ma mère croyait qu'il dormait au milieu de la route, comme d'habitude, alors elle l'a appelé, pour le déloger.

Il n'est pas venu.

Il paraît qu'il y avait un peu de sang et qu'il ne respirait déjà plus.

Moi je ne sais pas, j'étais loin. A Paris, entre 4 murs blancs. Le stress au coeur. Je n'ai rien senti.

Je regardais toujours, pourtant, je surveillais, son flanc qui se soulevait, sa respiration continue. J'étais rassurée, et moi aussi j'allais me coucher.

Dans la famille que je m'étais recomposé il avait la place de mon autre. L'inconditionnel. L'irrationnel. Celui pour qui j'aurais ramé dans tous les cratères du monde. 

Il avait environ 11 ans, et connu toutes les misères du monde avant de tomber sur moi, un jour glacial de décembre.

Il volait la nourriture de son prédécesseur et déguerpissait avant qu'on ne puisse le battre. Sauf que je ne voulais pas le battre.

Le jour de la sainte Lucie - Lucifer. Je suis sortie avec un gros manteau et je l'ai appelé. Patiemment. Longuement. Toute une après-midi, j'étais le petit prince et il était le Renard - Fox. Je l'ai apprivoisé. En me mettant à sa taille, en miaulant comme lui, dans la boue, enfin, il est venu jusqu'à moi et s'est frotté en ronronnant trop content d'avoir regagné foi en l'humanité - en moi. Brinqueballant puisqu'ancien chaton battu, il s'allongea sur le dos et m'offrit son ventre - Caramel.

Tous les soirs où mes parents me laissaient seule à la maison, je faisais entrer ce compagnon inespéré en douce, je lui refilais ce que je pouvais en bonne végétarienne que j'étais, des morceaux de fromage et du popcorn qu'il avalait sans rechigner. Puis mes parents rentraient et vite fait je le virais. Cette cloche restait devant la porte vitrée sans trop savoir ce qui se passait. 

Et puis, et puis, mon grand-père l'a rencontré, l'a qualifié de "vrai chat", et ça voulait tout dire, croyez moi. Et puis mon grand-père est parti, alors Lulu est resté, m'a tenu chaud, m'a rappelé que la vie continuait et qu'il n'allait pas ouvrir ses boîtes tout seul.

Il y a eu la nouvelle maison, sa rencontre avec Théo, le chaton des voisins, son amoureux de quasi-toujours. Il y a eu le jour où je l'ai surpris faisant sa toilette, avec un petit truc rouge qui dépassait et que j'ai compris que ce n'était pas une femelle et que je pouvais me gratter pour avoir une portée de chatons. De mini-Lui. 

Il y avait avant tout sa gentillesse, ses regards désespérés quand les bébés envahissaient la maison et tiraient sur sa queue. Mais jamais de rebiffade. 

Il y a eu ces longs jours d'été, tous les deux naufragés sur les chauffeuses du salon à végéter. Les promenades au soleil couchant, les chasses au grillon et aux herbes folles. Quand tu t'affolais seulement pour Ray Charles et que tu dansais autour de la table basse - mais seulement pour Ray.

Il y a eu les derniers souvenirs, la côte de porc mastiquée posée devant le sapin qui attendait devant la porte de la maison. La découverte de Gustave le bonhomme de neige. Il y a eu la dernière caresse, mais tu dormais déjà. 

Il y a eu ma phrase à ma mère, au téléphone, une fois rentrée à Paris : "Tu prends soin de mon chat, surtout."



[Lucifer Caramel Fox, ? - 29 décembre 2010, le meilleur chat du monde]

jeudi 23 décembre 2010

Ghouls


[...We all recognise that I'm the problem here]

Le dernier noël dont je me souvienne (oui) a été bercé par Beachwood Park des Zombies. Je suis nettement moins quiet cette année, malgré la neige (d'ailleurs, vous avez le droit de m'aider à nommer mon snowman avant qu'il fonde, et non, Rocco n'est pas une proposition valable), j'écoute donc Ghouls et le reste de l'avant-dernier album de We are scientists (même si j'ai arrêté d'écrire le nom de Keith Murray partout, vous l'aurez remarqué avec l'amabilité qui vous qualifie).
Je suis une parisienne, c'est définitif, et c'est ce que j'ai lu dans les yeux de l'ouvrier en véranda des voisins de mes parents, dans la normandie du 7-6 du trouduculdumonde. Me voyant sortir bottes à talons mais surtout aux semelles lisses les premières, mes deux sacs et mon ordinateur en bandoulière, m'entendant pousser des petits ultrasons de cris, il m'a dévisagée comme la parisienne parvenue que je suis, qui revient à la maison où décidément la neige ne fond pas du jour au lendemain.

Encore une preuve pour étayer ma théorie du "tout va toujours plus vite à Paris". Si l'on suit cette logique (décrétée en partie à cause du rythme auquel je fais valser mes amis depuis que je suis implantée dans le XXème) cela fait actuellement 2 ans que je suis au chômage (en réalité : 2 mois quasi tout piles, si tu es directeur/trice de maison d'édition et que tu te sens l'âme charitable en ces temps vilains tout plein, lâche un com' !).

Ce qui ne change pas, à Paris, dans le 7-6 ou ailleurs, c'est que je suis un magnet à champagne. Et pas du mousseux hein. Quoi que je fasse, où que j'aille, je me retrouve toujours appuyée contre un mur (pour pouvoir fuir je m'assois peu en société) une coupe de champagne à la main, puis deux, puis trois. 
Soirées d'éditeurs, anniversaire de la voisine, apéro parental, mariages, divorces. En gros il n'y a que quand une de mes amies les plus proches m'a annoncé qu'elle attendait un mini-elle qu'on a pas trop fêté l'événement alcooliquement. CQFD.

Le champagne est le moindre mal de l'alcoolisme et m'aide concrètement dans mon entreprise de simplification de ma vie, à part des boulets immuables, plus grand-chose ne me prend la tête. Plus grand chose n'a de prise sur moi, consequently.

So let's down another dose; understanding is the last thing I want

Champagne everyone !
Et don't forget : Keith Murray is god.

Shit, rechute.

samedi 11 décembre 2010

1000&1 times

Apparemment je ne suis pas assez bien pour les trois employeurs avec qui j'ai passé des entretiens, je suis la deuxième personne à avoir le plus gâché la vie de ma mère selon ses dires, je suis totalement incapable d'aider la détresse psychologique de ma meilleure amie, la moitié de mes amis m'a pris pour une cold bitch et me détestait avant de m'aimer, et aucun garçon au monde ne semble dépasser ce stade et me considérer comme une terre d'asile envisageable... MAIS, hier, j'ai vu Tahiti80 à Rouen et l'espace d'une soirée, ils ont fait ce qu'ils savent faire de mieux : ils ont mis des parenthèses à tout ce bordel.



Tahiti80 est un groupe Rouennais, à la base, et toujours aujourd'hui où ils ont leurs locaux de répétitions et d'enregistrement. J'ai envie de dire que Tahiti80 est la seule chose dont je suis fière, si les Bretons ont la pluie, l'océan et les crêpes au citron, j'ai le camembert, un cimetière américain & Tahiti80.

Plus sérieusement, lorsqu'ils sont enfin apparus après deux premières parties plutôt plaisantes (Lucy, Lucy et The Bewitched Hands, je développerai un jour si j'ai le temps), j'avais la meilleure place au monde, deuxième rang centre, juste derrière un môme affalé sur la barrière. J'avais vue dégagée sur la nouvelle mise en scène du groupe, plutôt impressionnante. Un jeu sur la hauteur avec des cubes de lumière superposés et le génial Pédro au plus haut. 

Alors que j'étais habituée à les voir comme les boys next door, jean, baskets et cheveux au vent, Xavier porte une chemise cravate (alors que ses parents ne sont même pas dans la salle ^^), un pantalon à la coupe parfaite et des bottes cirées. Ils sont tous d'une classe folle, et c'était un des rares adjectifs mélioratifs que je ne leur avais pas encore attribué. 

Leur show est carré, les efforts ont été mis sur les choeurs qui tombent comme des fleurs, les changements d'instruments sont autant d'happenings doucement intégrés dans le fil de la soirée. Les nouvelles chansons sont des bombes, et les réorchestrations légères des anciennes font très plaisir. Le concert dure très longtemps, je ne sais pas combien (parce qu'on était hors du temps, suivez un peu) mais je me souviens que sur le tas j'aurais aimé entendre Matter of time et Here comes... mais ce n'est que partie remise (j'espère !). 

Alors oui le public était un peu mou du genou, mais tellement multigénérationnel et éclectique que ça m'a fait plaisir quand même. Des gosses donc (leur présence nous coûtant l'absence d'alcool dans le bar du 106)(damn you little f*ckers !), des vieux, des riches, des pauvres, des nous. Des meilleur-ami-de-moi & moi (des gays, des blondes, des rouquines habillées en violet, donc). Des vieilles connaissances, et ceux qui ne pouvaient pas être là l'étaient en esprit, oh so much.

Les lumières et les images étaient parfaites, kitsch ce qu'il faut, au bord du cheesy un temps puis immédiatement géniales pour équilibrer. Je suis très cliente vous l'aurez compris. Pas du genre "ils pourraient faire la danse des canards que j'applaudirais des deux mains en jetant mon soutif" mais du genre genuinely happy, du genre je veux que tout le monde sache que je suis bien quand je les écoute. Que la voix de Xavier est peut-être aussi unique que celles de mes Jared Followil, John Stargasm et autres reconnaissables d'entre mille. Que leur son est lui aussi original et bien à eux, que tous ces changements n'ont pas touché au coeur du truc, que leur progression est évidente et intelligente, qu'ils n'ont pas pris la grosse tête, que Pedro a toujours un déhanché à faire pâlir de la ménagère et que s'il manque quelque chose à tout ça, c'est, et ça restera : un panda.

Alors oui, there are zombies in my head, mais il y a aussi The Zombies, découverts grâce à Xavier, et leur  musique, comme celle de Tahiti 80 : un refuge immarcescible.

PS : et merci d'avoir joué Heartbeat en dernier car j'ai pu sortir la phrase suivante d'un air détaché : "tiens, je l'ai chantée dans un karaoké à Tokyo"

mercredi 8 décembre 2010

samedi 4 décembre 2010

Fall in Live #18 : Robert Francis, The Wizzard, This is the end, toussa toussa.

Dimanche, l’International nous accueillait à nouveau pour une soirée Soup Session un peu foutraque au niveau de la prog’. Toli Nameless, surprenante multi instrumentiste américaine, débarque avec son trombone par l'arrière de la cave (et du public, donc). Sur scène, on a l'impression que rien n'est écrit, rien n'est planifié, mais cela fonctionne quand même. Parce que cette femme a une voix puissante et démente et qu'elle tient son public dans le creux de sa main, lui faisant faire à peu près ce qu'elle veut. Moment à part dans Fall in Live où Hélo et moi ne savons pas si nous devons partir en courant ou applaudir le génie. Une reprise d'Alanis Morissette (You oughta know) et 5 autres chansons plus tard, elle laissait sa place à un individu qui, pour le coup, nous a fait prendre nos jambes à notre cou.



Lundi, nous finissions Fall in Live avec un concert prévu de longue date et un artiste que je chéris tout particulièrement : Robert « the Wizzard » Francis. Robert Francis, pour les retardataires est un jeune californien tout brun, adepte de la chemise de bucheron trouée et amateur de vieilles voitures qui se trouve être un génie de la guitare. Comme les fées devaient être particulièrement généreuses le jour de sa naissance, elles l’ont également doté d’une voix extraordinaire (la légende dit qu’il la tiendrait plutôt d’une grave maladie pulmonaire, mais euh, c’est bien moins charmant).
Robert est un jeune homme perturbé, qui a un passé lourd, et qui a besoin d’une grosse psychothérapie, mais, au lieu de se ruiner, il a décidé d’en faire des chansons et de gagner de l’argent avec, à la place. Ca marchait moyen moyen au début, et puis… et puis est venue la France. La France l’a découvert à Taratata pour la plupart, dans un live assez ahurissant. La France a propulsé Junebug en number ouane. La France a fait découvrir Robert au reste de l’Europe, et le phénomène touche maintenant les US.
Robert est donc très reconnaissant et nous le répète régulièrement. Il avait d’ailleurs fait un concert au Trabendo pour nous exprimer sa gratitude. Un petit concert presque intimiste où le garçon paraissait beaucoup plus à l’aise que devant cette foule furieuse de la Cigale.

Car à la Cigale, Robert nous sert des discours interminables variant de 5 à 10 minutes sur des variations autour de "hum y'know" "I'm such a terrible talker" "when I was seventeen, y'know" "my dog y'know" "so much beer bottles". On n'a pas compris grand chose mais le running gag de son incapacité à aligner deux phrases cohérentes a fini par provoquer un fou rire salvateur juste avant les rappels.

Robert nous a donc gratifié de la plupart des chansons de son dernier album, mais aussi de trois chansons inédites, dont un single, en rappel, dont vous me direz des nouvelles, d'ici février. Robert a aussi tiré l'as de sa manche en interprétant seul sur scène et guitare acoustique aidant, Little Girl, chef-d'oeuvre indétrônable et pourtant première chanson écrite (en état de choc, de dents qui baignent et de lumière trop lumineuse, un matin alors qu'il attendait, agonisant, que le soleil se lève au-dessus des rouleaux du pacifique).

Robert est comme un vieux pote qui me fait autant rire, et pourtant ça fait même pas un an que je l'ai rencontré artistiquement. Il ne me déçoit jamais. J'oublie toujours que je l'assume au moment où il me rebalance sont talent à la figure.

Robert Francis était la conclusion parfaite à Fall in Live, mais quelque chose me dit que ce n'est pas la dernière fois qu'il me collera de façon irrésistible un sourire sur les lèvres.


jeudi 2 décembre 2010

Fall in Live #17 : Call me Senor + Sourya + Neïmo à La Flèche d'Or


Samedi dernier, Hélo et moi étions à la Flèche d’or, salle dont les murs tremblent encore du week-end Jimmy Eat World / We are Scientists, être meilleur que ça, c’était impossible.

Call me Senor attaque, à deux sur scène + un mac ils ressemblent furieusement à un Curry&Coco sans dresscode particulier. Je suis peu convaincue, notamment parce que j’ai l’impression tenace d’avoir déjà vu ça 100 fois dans des premières parties de premières parties. Le public, néanmoins, a l’air de répondre. Ils ne doivent pas connaitre les artistes qui font la même chose en un peu mieux. Mon gros souci reste les problèmes (gros problèmes) de justesse du chanteur. Les petits groupes parisiens ont un peu tendance à oublier qu’on ne s’improvise pas (ou peu) chanteur ou musicien et qu’à moins d’avoir McLaren comme manager ce n’est pas en déraillant régulièrement qu’on perce et qu’on s’installe durablement.

Même problème avec Sourya, ou, si la justesse est là la plupart du temps, c’est son manque d’originalité qui me fait tiquer parce que l’originalité est là partout ailleurs, dans l’omniprésence des claviers, les boîtes à rythme. Parce que question rythmique c’était parfait. Et puis je trouvais que jusqu’ici Fall in Live manquait cruellement d’Electro et avec eux c’était chose faite. Je pense qu’il leur manque un tube, une chanson qui accroche bien et qui se démarque du lot pour faire sortir leur set de la monotonie.

Enfin arrive le groupe que j’attendais, Neïmo. Je les suis depuis un peu plus de 3 ans maintenant. Rencontrés sur cette même scène de la Flèche d’or à son apogée, j’ai été assez ravie pour m’empresser d’acheter leurs disques qui n’ont plus tellement quitté mon lecteur mp3 depuis.

Neïmo c’est un groupe de rock à tendance glam’ qui dispose d’un frontman en forme de statue grecque au look extravagant qui n’hésite pas à jouer sur l’androgynie et l’érotisme pour attiser les foules. Je me souviens d’un concert au Showcase un jour de fête de la musique où, filles comme garçons, le public était bouche bée devant le torse du monsieur. Ce qui s’avère être un problème. Puisque c’est assez hypnotique, on ne fait plus très très attention à la musique. Là où Neïmo pèche c’est justement parce qu’ils sont un peu trop dans l’image, et samedi dernier, la présence d’un photographe directement sur scène le prouvait un peu plus. Ce qui rebute la plupart des gens au premier abord sont les poses et le too much, mais, si ça peut agacer lors des premières minutes des shows, ça devient un plus par la suite. A l’heure actuelle il reste peu de showman qui poussent aussi loin leur interprétation, leur jeu avec le public et qui osent se livrer autant. Le reste du groupe se distingue par des personnalités qui semblent très différentes. Notamment un guitariste très doué, plus effacé, mais au charisme tout aussi indéniable et un batteur débordant d’énergie communicative. Ils ont réussi le tour de force de baser leur set sur une bonne moitié de nouvelles chansons (le nouvel album ne devrait pas tarder…), sans lasser. Sans ennuyer. Si, lors de la première chanson on sent les effets d’une trop longue pause dans les live, ceux-ci s’effacent vite. Quelques valeurs sûres, Lines, Johny 5, Echoing Pixels et, bien entendu, Hot Girl en rappel, plus tard, je me rends compte que le groupe a l’embarras du choix dans ses incontournables. La déception est palpable, pourtant, dans l’assistance, de n’avoir pas entendu plus du premier album, mais je ne suis pas passéiste et j’ai beaucoup apprécié de pouvoir découvrir en avant première les nouveautés à la place.
Le concert a été fortement desservi par des fans du groupe un peu encombrants et en majorité… masculins. Des petits et des vieux cons qui font comme si le premier rang c’est leur mère et s’incrustent en plein set pour pogoter comme des cons, seuls, sur place. Du débile mental qui filme tout le concert en te foutant des coups de coude au zombie drogué qui pue le shit et se croit tout permis au nom de son amour du « rock&roll », il y a presque eu une révolte des filles au milieu de tout ça. J’ai même lancé mon regard qui tue et lâché un « ta gueule » profond et sonore, sortant du plus profond de mon mutisme de pendant les concerts.

Le public con restera la plaie de ce Fall in Live. Ca et les gens du public qui se croient assez doués pour prendre un instrument et se la péter sans raison.

vendredi 26 novembre 2010

Fall in live #16 : Stereotype + Nag Nag Nag au Truskel

Hier soir, nous fûmes, Hélo, une invitée qui le vaut bien, et moi, au Truskel, haut lieu de perdition Parisienne.

Ce bar n'a pas seulement accueilli mes frasques tout l'automne/hiver 2009, il a aussi vu passer des noms aussi impressionnants que Franz Ferdinand, Interpol, les Strokes ou, dernièrement encore, Pete Doherty, voire les Beatles et Jim Morrison, mais j'ai pas trop vérifié mes sources sur ce coup-là.

L'esprit était beaucoup plus "découvrons des petits groupes qu'on connait pas encore trop et aidons ces petits moineaux fébriles à prendre leur envol".


Stereotype débarque annoncés maladroitement, les pauvres, par le M.C qui dit "ils se sont formés y'a quelques mois mais euh... ils jouent déjà très très bien ensemble hein !". Ouais. Ouais ouais ouais. Du coup on a peur d'entendre des cordes claquer, des larsen intempestifs et une voix qui mue, mais non. Ca va. Ils maîtrisent. Sauf qu'après trois ou quatre chanson d'un pop-rock ma foi écoutable, yours truly a démasqué les arrogants. Leur jeu scénique était purement inspiré de nombreuses heures passées à fouiller youtube à la recherche de live des Beatles et des Libs, et ils ont essayé de faire un mashup de tout ça. Sauf que : n'est pas Libs qui veut, et musicalement, autant vous dire que même Drive my car n'est pas détrôné. C'était sympa. Un peu trop lisse, trop frais, cela manquait cruellement de personnalité, mais à eux de bosser, et ils ont plein de dates dans des endroits sympas pour le faire !



Vient le tour de Nag nag nag, groupe Breton, de Rennes, mais je ne suis pas partie en courant pour autant - j'ai même pensé à notre amie Klervi (joyeuuux anniversaire, spéciale kassdédi, toussa). Première partie de set qui ne m'a pas emballée, c'était un peu mou à mon goût, mais dès que les guitares ont décollé, ça prenait tout un autre sens. Et même si j'étais entrain de dévorer des yeux un blond à l'opposé de la scène, le fait qu'une de leur chanson ait été sélectionnée pour être dans la B.O de 90210 (le new Beverly Hills) m'a fait un peu halluciner (pas à cause de la chanson, non, mais à cause de la différence de climat entre la Californie et la Bretonnie, un peu)(et à la probabilité que ça arrive, un truc pareil)(bref)(j'ai toujours été fascinée par les groupes du terroir qui finissent par percer à des millions de kilomètre, je vous rebalance pas les noms, vous les connaissez, et d'ailleurs je viens d'apprendre que Tahiti80 jouait au 106 de Rouen pile la semaine où je suis en Normandie et c'est super sympa d'être arrangeant comme ça, les gars.)

Je passerai sur le DJ Set qui m'a légèrement démoralisée et qui nous a poussé à réapprendre les choré de Rigolus, parce que "Envie de toi" ça va sur tous les sons pop.

Et ce soir, on remet ça, mais au Bus Palladium.

jeudi 25 novembre 2010

Fall in live #15 : Debussy, les 2BE3 et Lasse Matthiessen

C'est un peu la bousculade dans ma vie. Même si je gère assez bien sortir tous les soirs et que je pourrais le faire pour les siècles des siècles, j'ai quand même reposé mes yeux la nuque calée sur un fauteuil en faux cuir puant du conservatoire square Rapp. 

Avec Hélo, on a dit beaucoup de merde sous l'œil réprobateur de vieilles habitant sûrement le quartier, histoire de se venger de la conversation subie lors de notre dernier concert de musique classique. 

Ma connaissance des sonates violon/piano se limite à Sonata for Violin and Piano in A Major de César Franck, et si, comme moi, vous avez passé de nombreuses heures de votre adolescence envoutés par The Last Express, vous pourrez peut-être comprendre. 

Donc, quand on m'a annoncé du Debussy, j'ai dit "Alright" mais en fait je pensais "Rah fichtre le nom de ma salle de piano".

Ouais. Parce que dans ma ville de bouseux consanguins, pour montrer que t'es moins un bouseux consanguin que ton voisin, il faut s'inscrire à l'école de musique.

Une fois inscrite il m'a fallu me taper 2 ans de solfège avant d'avoir le droit d'approcher un instrument. Sauf que ça faisait dix plombes que je pianotais sur l'instrument familial et que je trouvais ça fada cette sacro-sainteté qu'on mettait entre nous, petits élèves ignares et le gros truc à cordes. 

 Dans ma tête de môme de 9 ans, le piano, je maîtrisais (ah ah), comme je pensais maîtriser la littérature après avoir appris seule à lire à 4 ans et des poussières. Du coup je voulais faire de la batterie. Mais, pour la batterie, pas besoin de solfège, et ça, ça craignait pour les stats de l'école. Du coup convocation chez le grand chef (déjà, à l'époque), qui, entre deux ou trois allusions à ma tante, son ex, dont il n'a jamais digéré le départ avec mon oncle d'Amérique, m'explique que mes soeurs ont fait du piano et que je ferai du piano. 
Comme je suis une tête de cochon et que celle de ma prof ne me revenait spécialement pas, j'ai fait ma loque humaine et j'ai freiné de tous mes doigts. Si bien que je me souviens de looongues semaines où la morue ne daignait pas me faire jouer autre chose que "Fais dodo" et que j'ai failli sérieusement bouffer mes partitions couvertes d'un plastique bleu pétrole déchiré. 

Jusqu'au jour où. Dieu m'a donné une nouvelle prof de piano. Douce, gentille & belle. Qui, après m'avoir psychanalysé pendant trois ou quatre séances où on a fait que parler, a dégainé l'arme secrète, le challenge, the big bang theory, ce morceau. Avec passage en mains indépendantes et tout et tout. J'avais 2 ans de piano derrière moi, -2 ans en pratique, et elle me collait ça entre les mains en me disant "et dans 2 mois tu passes devant la ville entière, va mon enfant". 

Du coup, je révisais jusqu'à sur mon bureau du collège, avec des fausses touches dessinées au stylo bille. J'en rêvais la nuit. Bon, on ne dira pas que le jour du fameux récital je me suis vautrée lamentablement sur la reprise et ce, devant mon cousin chéri venu m'admirer des states (et qui m'a servi un discours de remontage de moral à la Eric Taylor, après mon foirage)(même si je suis sûre que si j'ai plus de ses nouvelles depuis 3 ans c'est parce que j'ai grandement failé ce jour là, JE LE SAIS.). Et maintenant quand on me colle devant un piano y'a que cette putain d'Histoire Romantique qui sort. Comme un bug informatique, j'ai pas dépassé la faille. L'année d'après j'arrêtais les cours de piano parce que j'en pouvais plus du solfège (et de la glotte proéminente de mon prof aux yeux globuleux, aux cheveux gras et au prénom pourri). Du coup, question culture G et compréhension du classique, c'est un peu comme pour la philo : je fais un blocage. 

Et c'est à ça que je pensais en regardant ces gens qui ont voué leur vie à ça. Que je comprendrais jamais. Que c'est trop tard. Que ma vie, si j'avais fait de la batterie, aurait été super différente. Que j'aurais pas été une victime mais une winneuse, un Hitler au féminin maybe, mais d'un point de vue purement personnel, il a plus ou moins réussi sa vie.

Ne nous emballons pas. Et parlons Suédois. Enfin. Danois. Enfin bourges du XXème qui se réunissent à la Bellevilloise pour toiser ceux qu'ils croisent et ignorer ceux qui les entourent.

Ce soir nous étions à la Halle aux Oliviers, et, même si on s'est pas fait refouler, on a du batailler ferme pour s'assoir vu la moue dubitative de la serveuse qui a compris qu'on avait pas l'intention de consommer. Parce que La Bellevilloise, ils ont la facheuse habitude de mettre partout que c'est entrée libre leurs concerts, mais genre le dimanche, vas-y pour y aller à leur concert, vu qu'ils ont des employés en forme de cerbères qui font "nan z'avez pas réservé et c'est juste pour les gens du brunch" "mais va te faire foutre, t'avais qu'à engager un webmaster moins à fond sur la dope qui colle pas des "entrée libre" à chaque fin de phrase, bordel"

Oui, parfois, après trois semaines de concert et à la veille d'un entretien et à l'avant-veille d'une soutenance de mémoire, je suis fébrile, un peu. 



Bref. Lasse Mathiessen est un Danois folkeux qui a une guitare, une voix et un joli étui (pour sa guitare, pas sa voix), qui serait très mauvais s'il était commercial, mais très bon s'il était mannequin pour agence de voyage en Danoisie. Bref, Lasse est beau, il a une voix à tomber par terre, mais, malheureusement pour lui, j'avais un livre de vampires psychotiques à la con à terminer en urgence pour ma patronne, du coup je l'ai terminé en face de Lasse, et Lasse est très détendant. Sa musique fait limite ascenseur, et ce sera ma critique. Sa musique est une bonne toile de fond pour la rêverie et l'imaginaire, et ce sera mon compliment. Tu le prends comme tu veux.


Oh, et si tu veux le 06 de Hélo, ça peut se négocier si t'as le 06 d'Andreas Johnson en échange, comment ça "Il est suédois, rien à voir" ?. Ces scandinaves. Des cheveux clairs mais aucun humour.

mardi 23 novembre 2010

Fall in live #14 : Partons vite

Oui alors je vous entends d'ici "gnagnagna on avait dit une note tous les jours,  "quand on à pas une once de talent à part rester toute le journée assis sur son gros cul a critiquer (...) qui osent faire quelques choses de leurs vies tu pourras ouvrir ta grandes gueule merci tu passes ta rage parce que tu n'a aucun talent laisse les pros faire leurs jobs si tu fais ne serais-ce que la moitié ça serais déjà bien ok?"" ah non, pardon, ça c'est un commentaire reçu ici, au temps pour moi.


Hum.

Donc hier, Hélo et moi étions à la Guiness Tavern, la fameuse Guiness Tavern qui pourrit les ondes de radios rocks avec ses spots de pub à la con (ah oui, désolée aux talentueux annonceurs, je ne suis pas capable de faire "ne serais-ce que la moitié" de votre job), In Extremis, groupe de reprise, commettait un forfait inaudible à base de moitié du répertoire des Red Hot Chili Peppers et moitié des chansons pop-rock number ouane des charts de la décennie passée. Bon. Avec du houblon dans le nez, ça pouvait passer. En plus un lundi soir, quand t'as pas de quoi te payer une place pour Gorillaz, tu la ramènes pas. La bière étant trop couteuse pour la chômeuse que je suis (d'où le fait que je reste toute la journée assise sur mon gros cul à critiquer), je n'ai même pas pu me bourrer la gueule pour lubrifier mon esprit critique.

Too bad. J'ai un peu malmené psychologiquement Hélo pour qu'elle avale d'un trait sa bière afin que nous partions vite (merci à Kaolin, leur titre m'a servi toute la soirée).

D'ailleurs saviez vous que lorsqu'on dit "avale !" à Hélo, l'effet est tout contraire ? Elle recrache. Direct.
Vous dormirez moins bêtes ce soir. Heureusement que ma "grande gueule" est là, hein. Lucky you.

Et donc, comme je suis bien sympa quand même, je voulais vous dire qu'on fail pas sur toute la ligne et que notre intuition légendaire nous a menées dimanche soir à L'Alimentation Générale, histoire d'écouter et de découvrir un groupe de fous furieux, Rigolus Band.



Originalité et saxophone. Chorégraphies et sol en béton qui vibre. Sosie d'Alex O'Loughlin (mais siii toi même tu sais) et porteur de verre galant qui fait aussi la régie son.

C'était énorme et ça faisait du bien par où ça passe et SURTOUT ça m'a prouvé qu'une fanfare n'était pas forcément ringarde. Ou alors jouissivement. Si. J'écris comme mes troll maintenant. C'est pour ma street-cred.
Ca fait plus de 7 ans que ça dure et ça a attiré l'attention d'artistes de la même veine (le bienheureux Katherine) et de pas la même veine (notre Lambert Wilson national)

A voir en live, parce qu'en cédé c'est quand un poil moins chaud bouillant. Bonne soirée assurée.

samedi 20 novembre 2010

Fall in live #13 : C'est l'International

(Ah bah oui pardon pour les jeux de mot à la con en titre, mais quand je suis incapable d'utiliser mes paroles de chanson en english pour intituler mes notes, je suis comme perdue)



Radiosofa, comme je l'ai longuement répété à tout le monde depuis le début de Fall in Live, est un groupe normand, comme moi donc. Et, à l'époque où j'avais les deux pieds dans la bouse, je les trouvais chiants à mourir. Je préférai nettement les groupes de lycéens punkisants.

Or, il y a peu, avec leur dernier album, le groupe a pris un virage plus pop-rock, plus radiophonique, plus plaisant, moins "putaiin qui est-ce qui m'a mis en attente sur ma chaîne hi-fi". Mwala.

Du coup, pourquoi pas leur donner une chance en live puisque c'est Fall in Live et qu'en plus ils ont le bon goût de jouer à L'International, bar à concert fortement reconnu mais pas encore visité par nos soins, et que c'est gratos. Hum.

Donc, quelques makis rue Oberkampf plus tard, nous nous sommes retrouvées dans la cave de l'International, à essayer de pécho de manière grotesque à débattre de sujets de fonds. L'organisation est tellement lente et peu soignée (en même temps, si on doit juger un bar à ses toilettes, l'International est sûrement le plus puant de Paris) qu'on se surprend à dire qu'ils ont du repêcher tous les gens qui se sont fait virer de la dreamteam de la Cigale. Mais passons.

Radiosofa arrive. Première chanson qui me fait penser à Blankass. Deuxième chanson à No one is innocent. Troisième à un sous-Noir Désir. Puis leurs quelques chansons plus connues que j'identifie comme le son du groupe. Mais surtout un public de gros lourdaux, qui, apparemment, sont en transe. Des grosses connes qui occupent 3m² tellement elles ont oublié de pas avoir un gros cul et surtout que quand on est serrés, mieux vaut pas l'agiter, ce gros cul. Un chauve nerveux probablement sous amphet' qui hurle à tout va que c'est sa claque musicale de l'année et qui va probablement exploser de joie musicale. Le roi des gays qui, réagissant à une blague du chanteur qui disait à peu près "quand tu parles de brancher ta guitare, tu parles sodomie ?" s'exclame "oh oui moi moi moi je veux". Bref. Vous l'aurez compris, le public c'était le musée des horreurs. J'étais pas en mode concentration. Encore moins en mode seconde chance. Et, si Radiosofa est nettement moins chiant qu'avant, ce n'est toujours pas ma came à 100%. 
Ils sont desservis par les gros boeufs qui leur servent de public (comme Young Michelin en fait), et si je devais déjà tirer une conclusion Fall in Livienne, je dirais que les meilleurs concerts vont souvent de pair avec les meilleurs publics. 

Par exemple Carl a beaucoup de connasses dans ses admiratrices, et ça a un peu plombé la perfectitude du moment. Mais si je dois me remémorer les meilleurs concerts de ma vie, il y en a eu un à la Loco (RIP), I am X, où le respect entre les fans et le respect du mec sur scène a changé du tout au tout la soirée. Et puis si je devais classer, les fans avec le meilleur esprit sont sûrement ceux de Phoenix, en deux concerts, c'est là où j'ai eu le moins à me plaindre, où j'ai trouvé le plus de courtoisie (!)(si si, même à Paris, je vous jure) et c'est aussi là où j'ai le plus discuté et créé du lien social. Durant Fall in Live, je dirais que le meilleur public qu'on ait eu jusqu'ici était sûrement celui de Jimmy Eat World.

Essai de sociologisme avorté, je rends le micro,

H.

jeudi 18 novembre 2010

Fall in live #12 : Deux en un, c'est ça qu'est bien.

Mardi, j'avais la forme d'un Edward Norton ou d'un Tyler Durden, voire les deux. Je n'avais pas mangé depuis presque 24h, pas dormi depuis 72h et en plus de cela il fallait que je me tape une traversée de Paris jusqu'à Mouton-Duvernet. Ouais. Mouton-Duvernet. Tu vois le nom de la station tu vois ses habitants.

Du bobo chic, balai stuck in the ass, qui emmenaient leurs gamins voir un quintet à vent récitaler dans un conservatoire bon chic bon genre.

Autant vous dire que c'était proche de l'enfer sur terre. Bon certes la musique était agréable et maîtrisée (en même temps, on allait pas se faire rembourser nos invitations) mais chaque passage parlé entre les morceaux était une torture digne de l'Inquisition espagnole. 

"Non nous ne bavons pas, c'est de la condensation qui se crée lorsque nous soufflons dans nos instruments"
"Oui bah ça arriverait pas si t'avais choisi la batterie."
Et ainsi de suite.

Je suis ressortie de là assommée et toujours en état zombiefical, mais, arrivée dans mon bienheureux arrondissement, j'ai mangé ET j'ai dormi, et ça c'était une grande victoire de Fall in Live.

Hier soir, j'étais donc en pleine forme, après une journée du tonnerre et plus encore, lorsque j'ai rejoins miss Hélo à Bastille (j'aime Bastille, je vous l'avais jamais dit ?). A la découverte de l'O.P.A (non je n'ai pas oublié de lettres), une petite salle/bar cachée justement derrière l'opéra. 

Arrivées sur place, nous profitons du pass des Nuits Capitales pour se faire offrir une boisson gratuite pour une achetée (c'est ça qu'est bien, également), ma pinte à la main, j'explique avec toute la patience qu'il m'est possible de réunir à un voisin de bar le principe des Nuits Capitales et je me félicite de ne jamais être devenue prof. 

Le proprio est un brin grincheux dans son jogging mais nous a à la bonne, et lorsque je le bousculerai sans faire exprès un peu plus tard, c'est en me tapotant les fesses qu'il me répondra "c'est pas grave". Un nouvel ami. Un.

Let's talk about music, voulez-vous ? 

Hopsy débarque peu de temps après, de très bonne humeur, et c'est communicatif, le groupe démarre son set façon pop rock classique et finit sur un son beaucoup plus Ska qui n'est pas pour me déplaire. A noter la présence d'une flûte traversière (oui encore) et de pleins d'acteurs de seconde zone, dans ce bar fréquenté par les rejetons de grands gourou de intelligentsia du VIème. Des fils à papa et des filles de joie, pour la plupart. 

Pendant l'interconcert je manque de me faire écraser par un poids plume, passablement surexcité et tonitruant. Je lève la tête et me rend compte qu'il s'agit de Mr John Lewis, programmé juste après donc. Sa horde d'entourage menaçant de nous piétiner derechef, nous nous héliportons vers le balcon où la population n'était pas beaucoup plus supportable, le concert d'en bas étant rétroprojecté, se placer juste devant l'engin, le savoir et pas bouger, m'a donné envie de scalper cette pauvre tache de fille qui en plus buvait du coca zéro.

Le concert en lui même est plutôt accablant. Le monsieur en fait trois tonnes, avec des grimaces et des envolées lyriques, le monsieur a deux choristes mâles qui ne servent à rien, le monsieur, finalement, ne parle qu'en anglais avec un accent français palpable (français qu'il parlait couramment deux minutes avant d'entrer en scène). Il se la pète grave et tellement grave  (y'a qu'à voir son site officiel qui se la joue autant que lui) que je remballe Hélo et que j'abandonne ma bière (oui, vous avez bien lu) et que nous préférons nous les peler sous la bruine plutôt que de supporter une minute de plus de ce calvaire. 

5 minutes avant je surprenais un grand dadais la main dans mon sac, et si je ne voulais pas me retrouver menotter pour coup de pieds intempestifs dans les tibias il valait mieux que je me casse, anyway

On retiendra Hopsy donc, qui, au détour d'une chanson a comme qui dirait chanté quelque chose ressemblant à  "Falllinnlive" : à écouter en priorité A will for you et (Please) pull the trigger dispo toutes les deux sur la playlist Fall in Live sur Deezer que ça tombe bien.


lundi 15 novembre 2010

Fall in Live #11 : Je veux pas y aller (mais j'y suis allée quand même), Louis Ronan-Choisy au Zébre de Belleville

Pour une fois commençons le live report en vrai live et sans léger différé, ce soir je dois voir un concert de l'ami Louis (Ronan-Choisy), et je n'ai pas envie d'y aller. Comme si j'avais rdv chez le dentiste et ce n'est PAS une coïncidence si je dois sortir métro Couronnes. Bon.

Actualisation #1 : Hélo vient de me menacer physiquement à savoir que si je viens pas elle me botte le cul pour me tirer de mon lit. Avant de me dire "si t'es déçue on mangera indien" ce qui aurait pu marcher si je n'avais pas mangé indien ce midi. Avec des masseuses. Mais passons.

Actualisation #2 : L'amie Klervi me dit d'y aller dans la discrétion et la dignité, deux mots qui me sont peu voire pas familiers. On n'est pas dans la merde.

Actualisation #3 : En plus c'est pas comme si il avait choisi (ahah) un quartier où je ne vais JAMAIS, par CHOIX. Alors qu'il est à 2,5km de mon domicile. No way boy.

Actualisation #4 : Il est 18h54, je pars dans moins d'une heure (si je pars !)(suspens)(action)(trépidance) et D'apparence en apparence et spécialement Romy me donne toujours autant d'allumer une cigarette alors que je ne l'ai jamais fait de ma vie. Preuve s'il en est que je ne dois pas y aller.

Actualisation #5 : Vous penserez à moi pendant Mon Bel assassin ? Ah bah non. Vous pouvez pas.

Actualisation #6 : L'opinion publique se prononce majoritairement pour le port de postiche + nez et barbe factice. Je le note.
Actualisation #7 : Je viens donc de tester le maquillage Orange Mécanique, et bien, sachez que messire Alex est donc un lucky fellow, car cela ne va pas à tout le monde. Non non non.

Actualisation #8 : Et s'il m'arrivait un malencontreux accident on the way ? ça compterait pas. Du coup.

Actualisation #9 : Je ne peux décemment pas y aller : il y a Mark Zuckerberg en T-shirt et en live stream. Voilavoila.

Actualisation #10 : Si j'y vais, c'est seulement pour revenir et dire "en fait c'était vachement bien, j'ai même eu les larmes aux yeux", sinon on dira que j'y suis pas allée, alright ?

Actualisation #11 : Je suis partie.


Oui. Bien sûr que j'y suis allée. Preuve :

J'y suis allée parce que j'avais déjà acheté ma place, et si j'avais déjà acheté ma place, c'est parce que comme par miracle, Louis jouait le seul soir de la quinzaine où notre programme Fall in Live était vide. Le destin, toussa.

Nan déconnez pas. Vous allez voir, ça fiche les jetons.

Comme vous avez pu le lire, je traînais sérieusement les pieds, je redoutais plus que tout ce concert parmi tous les autres. Et j'ai fait ce que j'ai pu, en chemin, pour nous mettre en retard (j'ai même failli enfoncer la porte d'une église catholique), pour nous perdre voire pour nous petit-suicider avant d'arriver sur place. Déjà, en partant de chez moi, j'avais littéralement acte manqué en oubliant mon billet.

Avec tout ce traînage j'ai tout de même réussi à arriver devant la salle pile pour croiser Louis. Voila. C'est tout moi. Je croise les gens. Toujours. Même quand je veux pas. Même quand ils veulent pas.

Alors qu'est-ce que je fais ? Je vais quand même pas l'arrêter lui dire "Hey, tu me remets ? Echarpe rouge ? Non je l'ai pas mise ce soir parce que je voulais pas que tu me remettes et je doive encore une fois ressasser notre historique conversationnel chaotique. Oh, et tu as la bise de Klervi. Comment ça "laissez moi tranquille mademoiselle" ?" donc j'ai marché encore pendant 10 mètres, une Hélo aux trousses qui m'a rattrapé par l'arrière de ma veste militaire rouge et m'a littéralement trainée jusque devant la salle, mais comme je suis une mule, j'ai dit "noooo waaait" et j'ai dégainé mon appareil photo pour prendre la série de photos des affiches dégoulinantes dont vous avez un aperçu ci-dessus, sous les yeux de l'intéressé, bien sûr.

C'est le moment où il faut que je vous explique deux trois détails, c'est le moment chiant de cette note pour les garçons et croustillant pour les filles. C'est le moment "Heights revival anno 2004".

En 2004 j'étais une fille paumée, déjà insomniaque, et qui aimait le rock français. J'avais entre 15 et 16 ans (certains dirons 15 ans et demi, mais on est pas sérieux quand on a 15 ans et demi...) et la seule chose qui me sortait de ma torpeur provinciale et normande était l'accession familiale aux chaînes du satellite. Une nuit, je suis tombée sur le clip de Leylie Brown, premier single du premier album D'Apparence en apparence. Je me souviens du grand moment de What the fuck que j'ai traversé. Je n'avais rien bu, rien pris de toxique et pourtant, j'étais bouchée bée devant ce clip, à moitié amusée à moitié moqueuse à moitié charmeuse. J'ai vite remisé dans un coin de mon cerveau ce moment précis de cette nuit là... avant qu'il ne soit déterré par Mouloud Achour. A l'époque où il ne s'appelait que Mouloud et qu'il officiait sur MTV France. Chaque jour il invitait un artiste à venir jouer en live et ce soir là ce fut lui. Lui. Louis. Enfin, vous suivez. Je ne sais plus ce qu'il a joué, peut-être La Rose, mais je n'ai eu de cesse que de chasser son album chez tous les disquaires de Rouen.

La première écoute, elle aussi, je m'en souviens très bien. Parce que c'était de nuit. Que j'étais sensée dormir, alors j'ai mis le disque au minimum pour ne pas me faire chopper par mes parents en pleine violation de mes droits d'ado. Ca a été une sorte de coup de foudre émotionnel, poétique et nocturne. Dès lors, je me repassais le cd inlassablement pour m'endormir et je rêvais des trottoirs parisiens sous la pluie, me forgeant nuit après nuit une image plus affinée de ma capitale rêvée. C'est à travers les mots de Louis que j'ai imaginé un Paris nocturne qui m'était inconnu. Car les provinciaux restent peu de ce côté du périph' après 17h. Alors oui, le voir à Paris, dans le Paris que je connais et que je maîtrise depuis 3 ans, c'était perturbant.

L'autre partie de ma réticence provient du fait qu'être une fan de la première heure, à l'âge où on a plus l'âge d'être fan et où la première heure est morte et enterrée dans la mémoire collective, c'est juste être à côté de tout. Dans le no man's land du public, et il le dira juste avant Le Baiser je crois "Ah mais personne la connait en fait.". Je ne lève pas mon petit index, je ferme ma gueule, mais oui, moi je la connais.

Fan de la première heure, ça voulait quand même dire que je bombardais de mail son adresse pro pour l'engueuler/encourager lorsque le deuxième album n'allait pas assez vite, ça voulait aussi dire que j'ai du monter le premier site de fan (ne cherchez pas, il est enfoui dans les limbes internétiques, et c'est mieux pour tout le monde) et que j'ai un peu menacé tout mon iut pour qu'ils se déplacent à son showcase au Havre, quelques temps après la sortie de La Nuit m'attend, le fameux deuxième album. Je vous passe les détails sanglants de cette rencontre/confrontation avec la réalité du showcase du Havre.

C'est en réfléchissant à tout ça et en martelant mon portable de textos aux gens jaloux que je sois à l'un de ses seuls concerts de l'année et pas eux, que je le vois à nouveau se diriger droit vers moi pour mettre en place une caméra sur un jukebox (ne cherchez pas, et essayez de suivre). Je fais toujours dans la dignité, le panache et la discrétion et je ne dis rien, je bouge pas, je me rends invisible comme un caméléon zébré dans cette salle où tout est à rayure. Il finit par rejoindre les coulisses - pas pour longtemps, et je textote avec d'autant plus d'acharnement.

Puis vient l'heure du concert, où j'ai juste envie de me planquer derrière Hélo, parce que la troisième partie de ma boule au ventre va connaître son heure de vérité : la peuuur de la déceeeeption.

Oui, parce qu'après le deuxième album, le Havre, toussa, il y a eu le troisième album, qui m'a énormément déçue. Dans le genre "ôte toi de ma vue, renégat, tu n'es plus digne de ma discothèque". Ouais, je suis assez entière en général. En gros, deux ans de passage à vide où je renie tout. Et puis. Et puis, le jour où, dans les bandes-annonces d'Agora j'ai reconnu sa voix, sa voix avant ses yeux, avant ses yeux et son visage. C'est toujours sa voix que je reconnais en premier (parce qu'on a le chic pour se retrouver toujours au même endroit au même moment comme vous avez pu le remarquer). Bande-annonce du Refuge, le film de François Ozon (sûrement mon réalisateur français préféré) sorti il y a quasiment un an. Je m'aperçois qu'en plus de jouer il a composé la B.O, et tout cela me tiraille de curiosité. Son passage au Grand Journal finira par me convaincre de laisser une chance au Louis acteur ce qui me poussera à redonner, plus récemment, une chance au Louis musicien, à travers la fameuse B.O et Rivière de plumes, dernier disque en date.

Début du concert. Je suis agréablement surprise par le choix de débuter le set par Des Flocons dans l'eau et Gaspard David Friedrich, sûrement mes deux chansons favorites du dernier album. Après, ça se gâte, puisqu'il embraye sur des chansons avec lesquelles je n'adhère que très peu, le côté Delerm étant à mon goût trop prononcé et les paroles trop faibles. Puis, quelques chansons du premier et deuxième album, je suis ravie, mais je traverse un grand moment de solitude, la plupart des gens autour de moi ne connaissant apparemment que la période post-Refuge.

Puis, vient ce que je pensais qu'il avait arrêté en même temps que la drogue : la reprise de Music de Madonna en piano/voix. Alors oui, ça fait partie des grands classiques de ses concerts (même si j'aurais préféré sa version de Toxic de Britney Spears) mais ça surprend toujours. Cependant, je remarque pour la première fois à quel point je préfère lorsqu'il chante en anglais, et toute la dimension que sa voix prend dans cette langue.

Parce que si tout le monde autour de moi s'accorde sur le fait qu'il y a quelque chose de diablement fascinant chez Louis, je pense que s'il sortait un album anglophone, c'est le monde tout court qui serait conquis.

Arrive la poignée de chansons qui bougent, dont le classique (si si j'insiste) La Nuit m'attend qui me parle toujours autant (la nuit, Paris, remember). Je dois signaler que ses musiciens et surtout son guitariste électrique, sont assez démentiels et étaient parfaits de bout en bout. Les choeurs au masculin, je préfère d'ailleurs légèrement à ceux féminins un peu agaçants sur certaines chansons en studio.

Et puis les rappels. Beaucoup de rappels. A ce moment là je me balance d'un pied sur l'autre, n'étant pas sûre de si j'ai aimé, adoré, haï, juste un peu détesté. Je ne sais pas, je suis perdue. Je suis à moitié la Heights Johnson de 2004, à moitié celle de 2008 et presque complétement celle de 2010, du coup ma bagarre intérieure fait rage mais est finalement vaincue par la chanson que j'attendais plus que toute autre : Mon Bel assassin. A ne pas écouter avec un rasoir à portée de main, mais à écouter absolument.

Mains dans mon manteau, nez dans mon écharpe, je valdingue sur les trottoirs humides de Belleville. Paris m'attend, la nuit aussi. Hélo m'accompagne jusqu'au métro. Dernière blague avant la fin, je fais semblant de me retourner et je lui lance :

"C'est bon, t'as vérifié, il me suit pas ?"

dimanche 14 novembre 2010

Fall in Live #10 : Keith Murray, my body is your body

Il en fallait beaucoup pour détrôner Jimmy Eat World (cf note ci-dessous), il en fallait même énormément.

Il fallait We Are Scientists.

Petit rappel, Nobody move nobody get hurt est l'hymne officiel de Fall in Live (2 filles, 30 jours, 30 concerts), tout le monde sait que si j'ai une chose qui rocks c'est mon intuition (je fais pas éditeuse par hasard, non plus), et, en choisissant cet hymne (!!!!) je n'avais aucune idée qu'aujourd'hui, heure 0 de la nouvelle ère Heightsienne j'allais me trouver un nouveau groupe préféré.

C'est un brin éméchée (mais follement bien accompagnée)(des girls du tonnerre)(no kidding) que je pénètre dans MA Flèche d'or, qui est redevenue MA Flèche d'or depuis la veille et Jimmy Eat World. Je retrouve Hélo devant Ice Black Birds, qui sont trop choupinet et qui nous mettent de bien bonne humeur, même si on est arrivées en plein milieu et que la première partie de leur première partie nous a échappé. 
Léger passage par le bar qui sera déterminant pour l'ambiance du reste de la soirée puisque, enthousiasmée par The Boxer Rebellion, mes mains étant bloquées par mon verre, je n'eus d'autre solution pour les acclamer que de devenir une "Woooh Girl", what's that ? You don't watch How I met your mother, do you ? Etre une Woooh girl a un side-effect automatique. Voila. Donc ça a attiré l'attention d'un groupe de gens derrière nous avec lesquels nous sommes entrés dans la grande battle royale du Woooh! pendant tout le concert des Boxer Rebellion. En même temps, on leur a mis l'ambiance gratos, et en même temps le Wooooh ! après une chanson intense et profonde, peut être très lourd. Donc pardon à la famille, toussa.

Vers pas longtemps après arrivent les We Are Scientists, tout en mèche pour Keith Murray, chanteur, et tout en lunette pour Chris Cain, acolyte, BFF de Keith, et accessoirement bassiste de son état. Le batteur étant trop loin, on ne parlera pas de lui, c'est comme ça, c'est injuste et totalement péremptoire et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il perpétrait ses crimes, auparavant, au sein de Razorlight, rien à voir, non rien à voir. 

Première chanson, tout se passe bien, ça se trémousse, c'est entraînant, c'est bon enfant. 
Deuxième chanson, premiers accords de Nobody move nobody get hurt, et là, c'est le drame. Saut de 2 mètres, gigotage intempestif, Woooh atomique, mini pogo, mains en l'air, arrachage de robe, de cheveux, de dignité : les mecs osent chanter leur plus grand tube en deuxième. Et bah merde, me dis-je tout en enjoyant énormément, ils ont intérêt à assurer la suite.
And they did. Of course they did.

C'est peu après que nous avons le droit à notre premier "inter chanson" où Keith et Chris (pas facile à prononcer, essayez dix fois très vite) commencent à parler et d'un coup je me sens transportée dans un petit appart' tout en brique de Brooklyn, sur un canapé défoncé, assise entre deux potes musiciens à boire des bières et à rigoler pour tout mais surtout pour rien. Je retrouve dans leurs échange l'innocence et l'amitié pure des débuts des Libs. Autant vous dire que j'étais folle furieuse.

C'est simple : lorsqu'ils parlaient on ne voulait plus qu'ils s'arrêtent et lorsqu'ils jouaient on ne voulait pas non plus qu'ils s'arrêtent. Ce concert était un dilemme des plus bourgeois : choisir entre ton restau préféré en tête à tête avec ton prince charmant ou une virée avec tes meilleurs potes où ils ne passeraient que tes chansons préférées avec aucune séquelle alcoolique le lendemain. PAS FACILE.

S'ils assurent, les gars, c'est qu'en trois albums, ils ont tout simplement enchaîné les tubes discrets, ce qu'on appelle dans l'industrie du livre les "long-sellers", ces objets qui se vendent bien et longtemps et qui valent mieux qu'un best-seller (comme Nobody move nobody get hurt) qui se vendent bien d'un coup mais pas sur la longueur. 

Leur set est long, ils ne se contentent pas d'être bons en coup de vent et je crois qu'en tout cela a duré près d'1h30. Il n'y a aucune distance avec le public, pas de remerciements car, logiquement, c'est normal qu'on soit là, c'est comme si on s'était toujours connus, et d'ailleurs cette scène entre nous... quelle scène ? Car Keith appelle à l'aide quelqu'un pour tenir le fil de son micro et s'élance parmi nous. ET quand je dis parmi nous, je tiens à préciser qu'il n'est pas resté collé les fesses à la scène, bien à portée des mecs de la sécurité en cas d'agression sexuelle sur sa personne (oui, je me suis retenu très fort et je n'ai PAS attenté à son physique irréprochable), le monsieur s'est baladé, en chantant, sans faute, dans les quatre coins de la Flèche d'or. Un moment de pur bonheur, incroyable, impossible, et pourtant. Il passait devant nous, dans le public, comme il aurait pu traverser la rue devant chez toi.

Le running gag de la soirée était qu'il cherchait un appart' à Paris, seriously. Alors forcément tout le monde (et surtout les mecs, je crois que Keith est le BFF rêvé de ces messieurs, c'est une théorie à développer) souhaite l'accueillir, moi en premier, du type "preum's j'habite à 400 mètre et j'ai un Alf en peluche à te présenter, vas-y viens, fais pas ta pute". Lors des rappels il fait monter la personne ayant fait la meilleure offre sur scène, et celle-ci est envahie gentiment, les mecs, très pros continuent à jouer de manière absolument irréprochable. Je n'en crois pas mes yeux. Je me pincerai presque si je n'étais pas entrain de lever les mains en l'air. Je suis entrain d'assister purement et simplement à un des meilleurs concerts de ma vie. 

We Are Scientists, Top 1 de Fall in Live, va être impossible à détrôner, je vous préviens. Car ils allient mes deux choses préférées dans la vie : bonne musique et fraternité drolatique (et beauté immarcescible concernant Keith, mais passons, j'avais à peine remis sur pied ma street-credibility, je vais pas la risquer maintenant).

Une preuve pour tous ceux qui n'ont pas pu être là : ils ont réussi, à l'heure où les clips innovants et divertissants sont de l'histoire ancienne à produire quelques uns des meilleurs depuis 5 ans, en voici une sélection et s'il vous plaît, regardez les, c'est pour votre bien, à l'intérieur :


Celle-ci, bien sûr, pour commencer. Où vous verrez un ours en peluche géant pas content du tout du tout.
Bonne nuit les petits.



Celle-ci, ensuite, où la véritable profondeur du chiffre 3 prend tout son sens (et où Kiss est torse nu, l'espace de 10 secondes, enjoy)



Petit bijou de WTF et hommage à vol au-dessus d'un nid de coucou, au moins, j'ai un petit faible pour celle-là



Et enfin une de leurs plus récentes et innovantes au niveau visuel.

Je vous laisse, je vais continuer à parfaire ma panoplie de fangirl, j'ai déjà téléchargé (légalement ! woooh !) tout ce qu'ils ont pu faire (mais vous pouvez aussi vous faire des eargasms here : We Are Scientists)

samedi 13 novembre 2010

Fall in Live #9 : Little girl you're in the middle of the ride


Par où commencer, non mais vraiment ? Par le fait que j'ai une liste de concerts à voir avant de mourir et que je n'avais jamais osé y apposer le nom de Jimmy Eat World parce que j'étais persuadée qu'ils ne foutraient jamais un orteil à Paris ? Et même qu'ils étaient décédés musicalement aux dernières nouvelles ?

Alors vous imaginez mon état lorsque j'ai vu que non seulement ils passaient à Paris, mais en plus à deux pas de chez moi, Flèche d'or (la salle avec laquelle j'ai une love-hate relationship) et pour une bouchée de pain ?

Pour comprendre pourquoi un petit groupe Arizonien de la scène indie alternative des années 90 me met dans cet état il faut en passer par trois chansons, que dis-je, trois hymnes :

Jimmy Eat World – The Middle
Jimmy Eat World – Pain
Jimmy Eat World – Hear You Me

Vous avez forcément entendu une des trois, si vous êtes majeur et vacciné. 
Record dans ma playlist, ces chansons sont dans mes lecteurs mp3 depuis leurs sorties respectives. Et m'ont toutes considérablement aidées à traverser des passages de ma vie pas jolis-jolis. 

Hier soir, en quittant mon appart', j'étais un peu comme une Shiri Appleby frétillant d'aller voir le concert surprise de Bon Jovi dans le clip d'It's my life (on a de la culture ou on n'en a pas, guys).

J'ai presque volé, flotté, et gambadé en même temps sur les pavés pour arriver devant la salle où m'attendait... un nightliner. Un what ? Un des plus gros bus qu'on peut affréter pour un groupe. Je me dis "woah", on est loin du van pourri qui parcourait Scottsdale et le reste des environs de Phoenix. Quand Hélo me rejoint, j'ai presque envie de sauter par dessus la sécurité pour y arriver plus vite. 

Le premier groupe a commencé, Minus the bear très agréable, et surtout très bonne première partie pour Jimmy Eat World. A découvrir pour ceux qui aiment la scène Indie anciennement appelée Emo (même si la définition a évolué et le style n'a plus grand chose à voir, bref, à découvrir au même titre que la plupart des groupes signés sur Fueled by Ramen, pour les nostalgiques).

On est effarés de la jeunesse du public, alors que je pensais que ce ne serait que ma génération et des gens plus vieux, il y a carrément des gamins presque plus enthousiastes que moi.

Lorsqu'ils arrivent, c'est comme un lifting immédiat pour moi. Je rapetisse. Je redeviens Dakota "Païn" Johnson (y'en a qui remember dans le fond ?), j'ai presque envie de serrer Jim, le chanteur, dans mes petits bras d'adolescente jusqu'à lui faire éclater la cage thoracique tellement c'est comme si je retrouvais un pote de lycée perdu depuis des siècles.
La foule (oui la foule, c'était plein à craquer, et multi-ethnique, des allemands, des hollandais, des espagnols et des anglais, au moins) répond aussitôt aux premières chansons, et, malgré quelques gueulards un peu imbibés, l'esprit restera très bon enfant jusqu'à la fin de la soirée. Un peu comme une classe de maternelle à un spectacle de magie.

Je manque d'arracher le bras d'Hélo quand les premiers accords de Pain résonnent un hymne (j'insiste !) adolescent sur le combat intérieur et la pression de la société et le recours réflexe aux painkillers "Anyone can find the same white pills. / It takes my pain away. / It's a lie. A kiss with open eyes / And she's not breathing back." Parce que Jimmy Eat World c'est ça : des sujets bateau où personne n'osait trop s'engouffrer au risque de paraître démago, des paroles simples mais efficaces qui restent en tête pendant des années. 

Le set jusque là propose une alternance des chansons des trois derniers albums mais les mecs ne sont pas du tout pingre en matière de vieilles chansons et n'essayent pas de nous refourguer leur dernier en date à tout prix, je leur en suis assez reconnaissante.

Jim est un brin ennuyé lorsque vient le moment de parler en français puisqu'il n'a appris que la phrase "Je ne sais pas parler français" qu'il maîtrise à peine. Il se noie dans ses "Thank you so much" mais il pourrait aussi bien dire "J'aime la vache qui rit", le public est complétement béat et acquis.

Je vis le concert d'adolescente que je n'ai jamais eu et il est parfait, au détail près que, contrairement à ma voisine je ne suis pas tendrement calée contre le petit copain idéal du lycée (éternel regret).

Arrive un moment plus calme où je sens qu'Hear you me ne va pas tarder. Hear you me est un hymne (j'insiste !!) commérant la mort de deux fans fondamentales de Weezer et de la scène alternative de l'époque. Les paroles, pourtant, arrivent à être universelles puisque chaque ligne tire une corde sensible et spéciale dans mon petit coeur broyé de midinette. Et je ne suis pas la seule. A quelques exceptions près (dont Hélo, qui blasphème en envoyant un texto pendant le moment le plus poignant du concert, BOUH !), tout le public reprend "So what would you think of me now, / so lucky, so strong, so proud ? / I never said thank you for that, / now I'll never have a chance. / May angels lead you in. / Hear you me my friends. / On sleepless roads the sleepless go."

On sleepless roads the sleepless go est une phrase qui tourne en boucle dans ma tête quand, chaque nuit ou presque, je ne trouve ni sommeil, ni repos.

Arrive l'heure des rappels où Sweetness est beuglé en choeur, elle aussi, mais seulement après un The Middle tout droit sorti de l'enfer (tout le monde se souvient du clip mythique ?). Un hymne (!!!) à la différence et au fait que it gets better (oui, ça devient à la mode) "It just takes some time, little girl you're in the middle of the ride. / Everything (everything) will be just fine, everything (everything) will be alright (alright)"
Où la salle se transforme en maison américaine aux fondations prêtes à céder. Où on est à deux doigts d'enlever ce qui reste de nos vêtements (oui, faisait chaud, adolescence, hormone, toussa). 

C'était bien. C'était magnifique. C'était meilleur qu'un voyage dans le temps, parce qu'on s'aperçoit qu'ils avaient raison, it just takes some time mais on en sort, plus important : on s'en sort. Et les os brisés par les bullies se remettent en place, la confiance en soi prend plus de temps à guérir et à s'épanouir mais, heart is hard to find et nous ne sommes qu'au middle of the ride.


Take care,
Heights "Santi Païn Dakota" Slapette Johnson.