vendredi 3 juillet 2026

[Métronome 1] Dobrý den

Si on était dans la série précédemment connue sous le nom d'Entretien avec un vampire, et du point de vue de Lestat, je ne saurais pas par où commencer. Alors je commencerais n'importe où. Et tout serait à la discrétion du lecteur - de la lectrice, arrondissons. 

Il se trouve que moi aussi je suis pauvre, ou disons : précaire. J'ai eu des privilèges comme des coups durs financiers, si bien qu'au jour le jour, je suis un écureuil qui compte chaque euro et ne s'autorise un petit plaisir que lorsqu'elle vient d'envahir la Pologne sans les mains. 

Par contre, je crois être généreuse avec les autres. Donc le fait que V. me suive dans ce voyage et que je puisse partager le fruit de mon dur labeur avec quelqu'un qui en vaut le coup ET que je reçoive pour la première fois des droits d'auteurs supplémentaires sur les ventes d'un livre que j'ai traduit juste avant le départ allaient être déterminants. 

Déjà, parce que j'ai acheté du champagne pour fêter ça, et que c'est avec une immense gueule de bois que j'ai popé un Xanax dans le terminal 2 d'Orly, en regardant le tarmac désespérément vide, une heure trente après notre décollage prévu, alors que le panneau affichait un ravi : "A L'HEURE ! :) :) :)"

Dans la nuit - chaude mais pas trop - après avoir trinqué à une rupture dans un bar cool mais moite, après avoir parlé de nos vies sexuelles avec K. le magnifique (serveur de mon cœur, voisin adoré, grand mamamouchi de la patate au fromage) puis avoir visionné Chasing Liberty (romcom sous-cotée s'il en est), je m'étais endormie pour la dernière fois avant un bail entre mes chats, V. quelque part sur le parquet, mon sac à dos rose prêt pour l'aventure.


Spoiler : on a eu l'avion, on a réussi à check-in dans un hôtel dont la réception était fermée depuis belle lurette, on a posé nos sacs, on a traversé un parc au crépuscule, rencontré des canards, fait des courses dans un supermarché où tout était en Zglurb*, mangé une succulente pizza (on va pas en Tchéquie pour sa gastronomie) et rebroussé chemin vers notre chambre avec un sunday MacDo à la main en nous faisant bouffer par les moustiques COMME IL SE DOIT.

J'ai mis un réveil. J'ai mis des paillettes sur ma face, sur la face de V., sur mes lunettes, sur ma casquette, sur mon sac (celui qui a connu les plus belles heures du Rock dans tous ses états d'Evreux et qui a survécu jusque-là)(pour ces trois derniers items, les paillettes, c'était pas vraiment voulu) et j'ai entrainé la malheureuse dans la banlieue résidentielle pépère de Prague, sans grand charme mais sans mocheté non plus. On a croisé des good doggos, traversé un pont autoroutier et finalement on est arrivées.
Où ?
Non, mes petits chéris, pas au festoche. 
Devant une autre obsession de Tata Johnson. 


 (Non, je dé-conne)(Même si mon obsession envoie du lourd, du très lourd, plus qu'un "Charismaticky Sansonier") : 

En prenant les billets, je savais que ça allait être une expo attrape touriste qui tache. 
Mais je l'ai quand même fait, parce que YOLO. 
V. a vaillamment trotté derrière moi en se demandant ce qui arrivait à sa compagnonne de voyage dont les yeux s'étaient subitement illuminées et la bouche moussait en prononçant les mots suivants en boucle : "Ma chatte ! Ma chatte ! Ma chatte !"

Il faut savoir que j'ai adopté une Maine Coon badass qui a bientôt 10 ans et que j'ai nommée Molly Brown en hommage à cette grande femme. 



Si on sait pas ça, on pense juste que V. m'a sortie pour mon excursion dominicale hors de l'HP. 

Il y avait d'autres visages connus.


Et, globalement, pour une expo faite avec les fonds de poche (et d'océans) ça tenait la route, ne disait pas de conneries - je suis une encyclopédie insatiable et insupportable sur le sujet, ne me cherchez pas : personne ne me peut. 

A côté de moi, je sentais quand même V. frétiller. J'ignorais alors s'il s'agissait d'une envie de faire pipi à la suite d'un café glacé trop glacé, de l'anxiété d'avant son premier "festoche" ou d'une hâte manifeste à l'idée de mettre enfin les pieds dans le saint des saints (sûrement un mélange des trois.) 

Alors, sur la route vers le nouveau site du Métronome, je l'ai briefée : la gestion de la foule, quoi faire, quoi dire, les mots à connaitre en Tchèque ("Dobrý den" puis parler en anglais en articulant bien.) 
Je lui ai dit que je serai là pour elle, qu'on se perdra pas malgré les milliers de personnes qui devaient déjà avoir envahi le site.....


Oui, parfois, je prends des précautions pour rien.
On était trois :
V., Jean-Cam et moi.
Mais ça, c'est pour un autre article. 


*Le Zglurb désigne toute langue non maitrisée par Yours Truly**.

**Pour les gens pour qui l'anglais est du Zglurb : "Yours Truly", c'est moi.

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