samedi 2 avril 2011

Ready


Je suis une lectrice bad-ass

Lectrice pour la plupart des gens, c'est un hobbie, pour moi, avant de trouver un boulot à temps-plein, c'était mon statut, ma wild card pour rester un pied dans l'édition et l'estomac remplit. 

Je suis devenue indispensable pour deux ou trois boîtes qui me courent après maintenant que mes 39h m'empêchent d'assurer un rythme de croisière. 

Londres approche.

Non, ça ne veut pas dire que la Grand-Bretagne s'est subitement décalée sur l'axe de la Terre.
Ca veut dire que dans pas longtemps tout le gratin de l'édition européenne et plus si affinités va se retrouver pour faire une vente aux enchère géante de leurs poulains. 

Et moi, je suis là pour tout le travail de repérage, je checke les bestiaux les plus prometteurs en langue anglaise et je dis sur quoi il faut miser gros, moyen ou pas du tout. Je suis un peu un trader du livre.

Mon day-job c'est comme l'usine de montage, des textes qui se ressemblent tous, que je ne traite que sur la forme, sous les ordres de gens qui veulent que ça aille toujours plus vite, produire plus, toujours plus. Je suis une petite main.

Mon night&week-end job, c'est la reconnaissance littéraire de personnes que j'estime. Car, comme tous les gens qui influencent dans le choix de "se fera, se fera pas", je suis dans l'ombre. Celui qui achète un livre ne se dit jamais qu'il y a une gamine de 23 ans qui, derrière son ordi, a pondu un texte word dépassant rarement la page, sans qui il n'aurait pas l'objet dans les mains.

Je compte. Je suis utile. Payée double dans l'urgence.

En droits d'auteur.

Ce qui, pour quelqu'un qui vient de s'apercevoir qu'elle n'avait pas pondu une ligne depuis 1 an - une longue année sans face to screen avec un traitement de texte - est d'une ironie que je ne commenterai pas.

Mes lectures me payent de quoi me déguiser en parisienne et faire semblant d'être comme les autres. D'appartenir à la grande famille du livre, la grande famille des djeunz branchouilles, la grande famille des réseaux sociaux, la grande famille de ceux qui haïssent la ligne 12 presque autant que la ligne 4, etc.

De bière salvatrice en bière salvatrice je remets à plus tard la confrontation avec moi-même. J'attends qu'on vienne me mettre des baffes pour me faire avancer, remettre les mains dans le cambouis de mon art qui a moisi dans l'ombre de mes fausses occupations prétendument importantes. 

Me mettre des baffes comme je sais si bien en mettre.

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