lundi 23 septembre 2013

In a radius of a thousand miles...



[...you find it strange no one makes me smile] 


Disposable guys.

Vous vous souvenez Fight Club ? Le discours de Tyler sur les "amis à usage unique" ?

J'ai commencé à adopter sa manière de faire. Mais pas pour mes amis. Non, pas eux.

Tous ceux qui me connaissent savent où je traîne quand la pression a été trop forte et que j'ai besoin d'évacuer.

Dans un de mes coins à rockstar, où l'alcool est peu cher et les garçons très beaux à regarder.

De là, je me place en hauteur et j'admire. Après 10 minutes d'ébahissement, me demandant comment il peut bien y avoir une telle concentration d'hormone au mètre carré, je finis par trouver des proies.

Souvent concordants en nombre avec mon groupe d'amies présentes - parce que je ne suis pas égoïste pour ces choses.

Et puis ils sont là. 

Alors je me poste devant eux et je souris jusqu'à ce qu'ils m'adressent la parole. Voilà. Moi fille saoule veut entrer dans ta sphère sociale, danser, et peut-être plus.

Samedi, j'ai croisé 4 hommes de ma nuit. Chacun m'a approchée d'une manière un peu différente. Les deux que j'ai conquis physiquement étaient ceux que j'avais décidé d'approcher. L'un en sachant fort bien qu'il s'agissait d'un connard là seulement pour ça, le type beau comme un dieu auquel on sait fondamentalement qu'on ne s'attachera pas justement parce qu'il transpire la connardise. 
L'autre, en sachant fort bien que j'allais encore finir par lui laisser moult moyens de me joindre et d' - éventuellement - me faire du mal. Souvent, c'est celui-ci qui te fait sourire, qui a la réaction qu'il faut, au moment où il le faut. Qui perce, sans s'en apercevoir, la carapace en métal doublé téflon. 

Alors oui, je me sers d'eux. Pendant quelques instants, voire quelques heures, ils sont à moi. Mes mains, ma bouche et même mes dents ne leur laissent pas une chance d'aller voir ailleurs.

Parce qu'il n'y a que dans cet état là que j'accepte le contact et qu'ils sont tombés dans le piège du maquillage, de la robe et des blagues à la con. 

Je suis un vampire à ma manière. Tant que je suis en contact avec eux, ils ne savent plus quoi dire, où aller, où ils sont. 
Moi je sais, et je leur montre : ils sont à moi, pour juste un moment, mais, pendant ce moment, à personne d'autre.

Une fois mes batteries rechargées, je disparais. Le méchant garçon aussi. Le gentil poussant un "oh non..." qui me fendille un peu un débris de coeur.

Le gentil - celui que le good gremlin en moi aimerait revoir - me dit "Et qu'est-ce qu'il se passe si je t'appelle ?"

Et je lui réponds la seule chose à ma disposition dans mon arsenal : "Je tenterai de te répondre." Car oui. Bad Gremlin ne sait pas ce que Good Grem' fera le lendemain. Si elle assumera. Ou si le goût amer sera trop fort.

C'est pour ça qu'elle ne les ramène pas : ne pas les laisser entrer chez soi, ne pas se laisser aller chez eux. 

Garder les limites de la bienséance et ne pas franchir la limite du trop tard et la laisser la latitude à son coeur de battre un coup de trop.

Je garde un souvenir vague d'un très grand garçon, au regard comme il faut, aux cheveux qui donnent envie. Un garçon vers qui lever la nuque et à qui sourire honnêtement. 

Et puis il y avait les deux autres, qui m'ont prise à revers, un autre bad guy, dans les toilettes des filles - forcément - qui me demande s'il est beau. Oui, bien sûr qu'il est beau. Les gens qui savent qu'ils sont laids ne demandent pas ça. 
"Tu es très bien."
"Non mais... regarde moi mieux."
"Tu vas faire un tabac."
"Non mais vraiment ?"
"Vas-y champion. Tombe-les toutes."

Le ohfuckingverygoodguy, l'étranger à l'accent omniprésent mais compréhensible, qui te tombe dessus et voit ton désarroi du moment et se plie en quatre pour t'aider. Sans demander son reste. Un géant aux yeux bleu lagon dont on ne veut rien savoir, parce qu'il est forcément gay, déjà pris, voire les deux, voire papa, voire papa du type que tu viens d'abandonner sur la piste de danse.

Mais je retiendrai le mec que j'ai connu quasi bibliquement, au milieu d'une foule qui n'oppresse plus, puisqu'elle n'existe plus. Les mains contre lui, le serrant fort, caressant ses cheveux en ayant envie de crier "amoi ! amoi ! amoi !". Lui demander toutes les 5 minutes s'il est bien majeur. Sentir que mes assauts le mettent somewhat mal à l'aise, mais qu'il ne fuie pas. Je l'intrigue. Il ne sait pas quoi faire de moi. Il me demande vaguement s'il pourrait éventuellement peut-être rentrer avec moi. Je lui explique en une moue et trois mots que ça va être compliqué. 

Il n'insiste pas. Il est bien ce gars. Il m'a demandé "Où t'en es avec les mecs ?" avant de m'embrasser. Je lui ai dit "Tu veux pas savoir", il a ri. "Oh vraiment ? Mais tu es célibataire au moins ?" et, avec trois moues et un mot et demi, je lui ai confirmé que, "Ca, oui.". 

Je suis célibataire. J'ai ce qu'il reste de mon coeur à un endroit, mes mains ailleurs. J'aimerais qu'un jour les deux se rejoignent. J'aimerais qu'un garçon me désorganise au point de m'empêcher de le planter là. 

Quand celui-ci s'est révélé beaucoup trop cultivé pour piger où je bossais, il m'a déroutée. Juste assez pour que, ce matin, j'en sois encore toute chose. Toute heureuse. Toute lumineuse.
Assez pour ouvrir son sms avec joie, sans peur de ce que j'allais trouver à l'intérieur.

Assez pour que ce soir, mon smile s'inverse légèrement plus la probabilité devient évidente que ce n'est pas lui non plus.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Veuillez écrire un truc après le bip visuel : BIP