mardi 25 mars 2014

I wanna be adored


[I gotta be adored]

Je suis pétrifiée. 
Suis-je une si petite chose ? Démontable comme une forteresse légo sur laquelle on aurait pourtant passé de si longues heures ?

Je n'ai pas envie de vous faire de long discours sur comment m'envisager. Je n'ai pas envie de m'expliquer, de me raconter une fois de plus.
De donner raison à qui juge que oui ou non j'ai eu raison de prendre ces médicaments. De rassurer ceux qui ont eu peur, de détromper ceux qui se sont moqués, d'invoquer de vraies bonnes raisons quand je sais que je me ramasse de haut pour une broutille.

Mais quelle broutille.

La broutille indépassable de ma petite vie. Celle que j'ai cru acquise, le temps d'un printemps il y a deux ans. 

Le fait est que je suis vraiment une princesse. No shit. Une putain de princesse à malédiction pesante.

Ou plutôt je suis la Bête. La Bête qui n'attend qu'une seule chose. 

On ne peut pas attendre d'être aimée. Pas dans notre société. Pas quand on n'est pas une petite chose fragile et qu'on donne une image de personne à peu près sûre d'elle et relativement forte.

On ne peut pas attendre ça comme le bus. 

On ne peut pas non plus aimer aussi vite, et aussi loin de ce qu'on attend de nous. La société nous dicte 'Oh toi tu es comme ça, tu aimeras ce type de gens et pas un autre, et tu aimeras au bout d'un délai respectable, et seulement si c'est mutuel ET PAS SI FORT JE T'EN PRIE !'.

Mon coeur est le plus grand révolutionnaire de tous les temps. 

Mon coeur fait la nique à Robespierre et sait très bien qu'il n'a pas de tête qu'on pourrait faire tomber.

Mon coeur, à l'aube de mes 26 ans, n'a jamais changé.

Je passe mon temps à l'insulter, à le meurtrir, à m'insurger contre sa prédominance.

Le fait est qu'il hurle parce que je ne l'écoute pas. 

Que j'ai trop été malmenée, trop déçue et trop désaimée pour tenter quoi que ce soit et déjouer cet attentisme stérile.
J'ai mille raison de ne pas agir. J'ai mille autres raisons de me détester de ne pas agir.
Chaque jour qui passe enfonce le clou plus loin, plus durement. 

Je souffre ma race.

Mais la souffrance est habituelle. La souffrance est ma compagne. Je trompe la solitude avec elle. 
Elle est là, elle ne me déçoit jamais.

Elle ne me pose pas de lapin, ne me plante pas à chaque fois qu'on a rendez-vous, ne couche pas une autre. 

Ma zone de confort est la prison que je me suis créée. 

Je ne suis pas certaine qu'il existe un prince capable de m'en sortir. Je ne suis pas sûre que ce soit très juste, d'ailleurs, d'attendre cela de qui que ce soit. 

Mon erreur fatale – l'origine de mon meltdown – a été d'y croire une dernière fois.
Et de m'être trompée,
f
a
t
a
l
e
m
e
n
t
.
 

A demain (car je serai là) pour une note pleine de joie.
Enfin. Toujours plus que celle-là.


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