mercredi 10 novembre 2010

Fall in Live #7 : Roland Tchakounte et Eric McFadden au New Morning

Bien. Maintenant que vous êtes grands, les enfants, et que cette histoire est périmée, je peux vous raconter pourquoi dès qu'on me dit "New Morning" je pars dans un rire nerveux d'un bon quart d'heure. 

Ca ne faisait pas très longtemps que j'étais sur Paris, à peine deux mois de stage, et on m'invite à une soirée semi-professionnelle au New Morning. Je suis bêtement. A l'époque, je ne connaissais personne et c'était l'occasion ou jamais. Arrivée sur place, on m'embarque dans le bar d'en face en attendant que la salle ouvre, et c'est là que je fais la rencontre d'un garçon à première vue bien sous tous rapports. L'ami d'une vague connaissance de boulot, si je me souviens bien. Assis à côté, on est amenés à discuter, à rire ensemble et à consommer de l'alcool. Lorsque le temps est venu d'investir la salle, on s'assoit sur les banquettes, lui à côté de moi. Et on reboit. Oui, c'était open-bar. L'alcool aidant, nous discutons à demi-mots pendant toute la soirée. Je sens que ça accroche bien. Je me dis "oh my, pour une fois qu'on me trouve pas zarb' de prime abord", je me laisse doucement convaincre qu'on est complétement entrain de flirter. Les lumières se rallument, nous nous dirigeons vers la sortie. Par le truchement de personnes ayant à dire au revoir à d'autres personnes et de personnes allant aux toilettes, lui et moi nous trouvons seuls, sur la moquette rouge, yeux dans les yeux, et c'est là qu'il me demande "Je peux te poser une question ?", mon coeur s'emballe, je m'apprête à tout et n'importe quoi incluant de lui filer mon numéro et j'acquiesce, puis, il lance la bombe : "Ca fait combien de temps que tu es lesbienne ?".

Voila.

Je ne m'en suis jamais complétement remise. C'est pour cela qu'il en fallait beaucoup pour me refaire entrer dans cette salle du diable et les souvenirs un brin humiliants qui s'y rattachaient. 

MAIS, Fall in Live est une raison suffisante et une gracieuse invitation a fini par me convaincre. 

Sauf que. Sauf que les dernières places restantes sont exactement celles que j'ai occupées ce fameux soir. Oh irony. Je mets donc trois chansons à ravaler mon rire nerveux. Et je finis par ouvrir les yeux alors que Roland Tchakounte et sa bande me ramènent quelque part dans le désert de l'Utah mais avec des zèbres et des girafes, dans le fond.

Du blues africain, jamais entendu parler avant, et surtout jamais entendu mixé avec du blues américain (auquel je suis plus familière). Le tout est une balade plutôt hypnotique, mon rhume aidant, et je perds un peu la notion du temps - même si l'éternité, sur la fin c'est un peu long. Et que lorsqu'il est temps d'accueillir Eric McFadden, il est déjà 22h30.

Eric McFadden, je ne connaissais pas du tout, mais, apparemment, lui connait le tout Paris et dédicace ses chansons à tour de bras. On sent un revirement dans le public, plutôt pâlichon durant le concert précédent, il se lâche et fait limiter voler les Stetson dès les premières notes. Le concert m'emballe très vite également, je suis enfin sortie de ma torpeur et j'admire la maîtrise instrumentale du monsieur qui semble connaître parfaitement les attentes de son public et ne jamais le décevoir, même lorsqu'il tente des petites impros bien plaisantes.

Mention à Devil Moon qui semble tout droit sortie de la b.o d'un de mes (futurs) romans : Eric McFadden – Devil Moon

 Et pour les Pop-addict invétérés, écoutez moi cette version de Womanizer : Eric McFadden – Womanizer


Apparemment le New Morning est un lieu de rencontres pour moi, et j'aurais appris hier soir qu'elles ne sont pas toutes catastrophiques.

Et ce soir, je boycotte Kaolin (quoi, j'ai le droit de pas aimer la soupe, sous toute ses formes).

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